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Séance du 25 janvier à la Convention, Moniteur, XV

pour défendre Bellegarde, Montlouis et protéger les côtes ; une autre vers Bayonne; enfin un corps de réserve au centre vers Toulouse. Total : 40.000 hommes.

Les côtes de la Méditerranée et de l'Océan seront gardées par de fortes garnisons appuyées par un corps d’ observation : et une armée de 40.000 hommes préparera une descente en Angleterre.

Dans le nord au contraire, il convient de prendre l'offensive en opposant au moins 185.000 hommes aux 180.000 ennemis qui menacent nos frontières (60.000 Prussiens, 68.000 Autrichiens, 12.000 Hessois, 40.000 soldats des Cercles). Ces 186.000 hommes, seront divisés en trois armées de 62.000 hommes : de à elgique, de la Moselle, du Rhin; plus un corps de réserve de 25.000 hommes à Châlons.

(Ces dispositions exigent donc huit armées : trois dans le nord, trois dans le midi, une d’observation ou d’attaque sur les côtes de la Manche, une de réserve à Châlons.

Les trois du Nord seront chacune de 50.000 hommes d’infanterie, 10.000 de cavalerie, 2.000 d’artillerie (non compris les canonniers destinés au service des pièces de bataillon).

. l’armée d’observation sur les côtes de la Manche sera de 40.000 hommes : 35.000 d’infanterie,4.000 de cavalerie,1.006 d’artllerie.

Les armées des Alpes et du Var seront chacune de 16.000 hommes d'infanterie, 4.000 de cavalerie, .800 d’artillerie.

L’armée des Pyrénées sera de 40.000 hommes divisés en trois corps : 30.000 d'infanterie, 8.000 de cavalerie, 2.000 d’artillerie,

Enfin, la réserve sous Châlons, sera de 21.000 hommes d’infanterie, 3.000 de cavalerie, 1.200 d’artillerie. » +

Nous avons donc au total, 286.000 hommes d'infanterie, 53.000 de cavalerie, 11.800 d’artillerie, employés aux opérations actives. En y joignant les garnisons et dépôts d’élevant à 164.000 hommes et un camp volant de 6.000 hommes surveillant les côtes de Bretagne, nous arrivons au total de 502.000 hommes,à mettre promptement en activité et à pourvoir de tous les moyens nécessaires.

L'ensemble de ces prévisions s'inspire largement du rapport de Pache du 28 décembre ; les analogies ne sont pas moindres par la suite.

. Vous serez sans doute étonnés, que d’après l’importance bien reconnue des services qu’a rendus le corps d’artillerie, il ne se trouve pas augmenté dans le plan, dans la proportion des autres corps ; mais c’est précisément cette condition qui nous à fait redouter tout changement dans son organisation actuelle.

Nous avons senti qu’il ne pourrait suffire à tous les genres de

services d’une armée aussi nombreuse; mais d’un autre côté, nous avons senti que des régiments nouveaux composés d’apprentis dans cet art difficile, ne pouvaient rendre que des services médiocres. Mais le service de l'artillerie de campagne ne demande pas une instruction aussi complète ni autant d’expérience que celle de siège. Déjà, un grand nombre de français manœuvrent les pièces de 4 avec célérité. Il est un grand nombre de régiments de ligne et de bataillons de volontaires qui n’ont plus qu’un cannonnier du corps de l'artillerie pour le service de leurs pièces ; il est donc possible de soulager ce cofps en affectant à chaque régiment et à chaque bataillon de garde nationale, une compagnie d’artillerie,ce qui doublera réellement son action.

Mais nous croyons pouvoir vous assurer d'avance, qu'avec les 109 régiments de ligne, les 441 bataillons de volontaires que tient en activité maintenant la république, vous aurez tous les cadres nécessaires. Il ne s’agit que de compléter ces corps qui ont déjà si bien servi, et d'y proportionner le nombre d’ofliciers généraux qui doivent les conduire, d'ingénieurs pour la défense des places, des commissaires des guerres pour la police et l’administration,.. »

Dubois Crancé constate d’ailleurs lui-même, qu'il ne fait que reprendre le projet de Pache : « voici les bases du projet, rédigé par votre comité de Défense générale, d’après l’agis du ministre et des généraux.

19 Les armées du nord, depuis Dunkerque jusqu’au pays de Gex, y compris les garnisons, seront disposées de la manière suivante : 150.000 hommes de Dunkerque à la Meuse, 50.000 entre la Sarre et la Meuse, 150.000 de Mayence à Besançon et jusqu'au pays de Gex; soit au total 350.000 hommes, dont 30.000 de cavalerie, 6.000 d'artillerie de pare, non compris celle qui sera destinée au service des pièces de bataillon.

Ces armées seront pourvues chacune de l'équipage de siège, de pontons et de tout ce qui est nécessaire pour entreprendre sur lPennemi. Le conseil exééutif pourra disposer de ces forces selon que les circonstances l’exigent :

29 Il sera établi une réserve vers Châlons, composée “fe 25.000 hommes dont 3.000 de cavalerie, 1.200 d'artillerie, avee tout lattirail nécessaire pour se porter partout où le besoin se: fera sentir. .

30 L’armée des côtes de la Manche sera de. (cet article, ainsi que ceux relatifs aux armées des Pyrénées, des Alpes et du Var, sont conformes à l’état de répartition déjà énoncé dans le rapport) ;

49 Chacune de ces armées aura un état major particulier. Il sera destiné à la garde des côtes de Bretagne 6.000 hommes, dont 2.000 de dragons ;

5° Les comités de la guerre et des finances sont chargés d’examiner les dépenses et les moyens d'exécution. »

À Ja suite de cette lecture, l'assemblée décrète que notre force armée « sera portée à 502.000 hommes, dont 55.000 de cavalerie, 25.090 d'artillerie », mais elle renvoie aux comités de la guerre et des finances réunis,« pour lui présenter les détails » (1) Ainsi le plan se trouve provisoirement ajourné.

En même temps que la Convention, le conseil exécutif s’occupe du futur plan de campagne. I] se fait donner lecture de plusieurs mémoires et projets relatifs aux prochaines opérations tions (2). En particulier, pour atteindre l’Angleterre prête à se déclarer contre nous, on y discute sur la possibilité d’une grande expédition dans les Indes. Monge sy oppose formellement, (3) et Dumouriez en montre les difficultés d’une manière si concluante (4), que l’idée én est abandonnée. Mais on revient à plusieures reprises sur l’avantage d’opérations offensives de grande envergure le long des frontières des Pyrénées (5) ou du Rhin (6). On discute également l'intérêt d’une défense trés sérieuse de nos côtes (7). Finalement, le plan Pache-Dubois Crancé prévaut. C’est lui qui va être théoriquement appliqué au début de la campagne.

Nous disons théoriquement ; car en février, l'armée qui devrait compter 500.000 hommes, n’en possède en réalité que 290.000, soit environ 100.000 en Belgique, 25.000 sur la Moselle, 45.000 à Mayence, 30.000 dans le Haut-Rhin, 40.000 en Savoie et à Nice, 20.000 le long des Pyrénées, plus une trentaine de milles à l'intérieur. C’est peu pour prendre l'offensive ! et cependant Dumouriez va se lancer hardiment à la conquête des Pays-Bas.

Tandis que nous nous efforçons tant bien que mal de mettre sur pied nos projets pour la campagne de 1793, l'ennemi qui s’est accru de l’Angleterre et des Pays-Bas (dont les déclarations de guerre sont du 1€ février), se prépare à nous écraser.Brunswick, Cobourg et Beaulieu ont décidé d’opérer comme il suit (8) : «les armées combinées d'Autriche, de Prusse et d'Angleterre, seront disposées sur une ligne droite autant que possible...» un corps

. Décret du 25 janvier, Lois, XII, 82.

. Séance du conseil exécutif, 19 JANVIER LAN SEAT LE RE

Séance du 25 janvier au comité de Défense générale, Aulard, 119: Ibid., au conseil exécutif, Aulard, II, 11.

Ibid. au ‘comité de Défense générale, 27 janvier, Aulard, TI, 16. Ibid., conseil exécutif provisoire, 2 janvier, Aulard, IL, 419,

Ibid, 29 janvier, Aulard, II,

Plan de campagne de terre des armées combinées, janvier 1793, A. G.

DIEU Nm

services d’une armée aussi nombreuse; mais d’un autre côté, nous avons senti que des régiments nouveaux composés d’apprentis dans cet art difficile, ne pouvaient rendre que des services médiocres. Mais le service de l'artillerie de campagne ne demande pas une instruction aussi complète ni autant d’expérience que celle de siège. Déjà, un grand nombre de français manœuvrent les pièces de 4 avec célérité. Il est un grand nombre de régiments de ligne et de bataillons de volontaires qui n’ont plus qu’un cannonnier du corps de l'artillerie pour le service de leurs pièces ; il est donc possible de soulager ce cofps en affectant à chaque régiment et à chaque bataillon de garde nationale, une compagnie d’artillerie,ce qui doublera réellement son action.

Mais nous croyons pouvoir vous assurer d'avance, qu'avec les 109 régiments de ligne, les 441 bataillons de volontaires que tient en activité maintenant la république, vous aurez tous les cadres nécessaires. Il ne s’agit que de compléter ces corps qui ont déjà si bien servi, et d'y proportionner le nombre d’ofliciers généraux qui doivent les conduire, d'ingénieurs pour la défense des places, des commissaires des guerres pour la police et l’administration,.. »

Dubois Crancé constate d’ailleurs lui-même, qu'il ne fait que reprendre le projet de Pache : « voici les bases du projet, rédigé par votre comité de Défense générale, d’après l’auis du ministre et des généraux,

19 Les armées du nord, depuis Dunkerque jusqu'au pays de Gex, y compris les garnisons, seront disposées de la manière suivante : 150.000 hommes de Dunkerque à la Meuse, 50.000 entre la Sarre et la Meuse, 180.000 de Mayence à Besançon et jusqu’au pays de Gex; soit au total 350.000 hommes, dont 30.000 de cavalerie, 6.000 d'artillerie de pare, non compris celle qui sera destinée au service des pièces de bataillon.

Ces armées seront pourvues chacune de l’équipage de siège, de pontons et de tout ce qui est nécessaire pour entreprendre sur lPennemi. Le conseil exééutif pourra disposer de ces forces selon que les circonstances l'exigent ;

29 Il sera établi une réserve vers (Châlons, composée de 25.000 hommes dont 3.000 de cavalerie, 1.200 d'artillerie, avec tout l’attirail nécessaire pour se porter partout où le besoin sefera sentir. .

30 L'armée des côtes de la Manche sera de. (cet article, ainsi que ceux relatifs aux armées des Pyrénées, des Alpes et du Var, sont conformes à l’état de répartition déjà énoncé dans le rapport) ;

À LA FIN pE 1792 367

49 Chacune de ces armées aura un état major particulier. Il sera destiné à la garde des côtes de Bretagne 6.000 hommes, dont 2.000 de dragons ;

59 Les comités de la guerre et des finances sont chargés d’examiner les dépenses et les moyens d'exécution... » :

A Ja suite de cette lecture, l'assemblée décrète que notre force armée « sera portée à 502.000 hommes, dont 55.000 de cavalerie, 25.090 d’artillerie », mais elle renvoie aux comités de la guerre et des finances réunis,« pour lui présenter les détails » (1) Ainsi le plan se trouve provisoirement ajourné. 2

En même temps que la Convention, le conseil exécutif $’occupe du futur plan de campagne. I] se fait donner lecture de plusieurs mémoires et projets relatifs aux prochaines opérations tions (2). En particulier, pour atteindre l'Angleterre prête à se déclarer contre nous, on y discute sur la possibilité d’une grande expédition dans les Indes. Monge s’y oppose formellement, (3) et Dumouriez en montre les difficultés d’une manière si concluante (4), que l’idée én est abandonnée. Mais on revient à plusieures reprises sur l'avantage d’opérations offensives de grande envergure le long des frontières des Pyrénées (5) ou du Rhin (6). On discute également l'intérêt d’une défense trés sérieuse de nos côtes (7). Finalement, le plan Pache-Dubois Crancé prévaut. C’est lui qui va être théoriquement appliqué au début de la campagne.

Nous disons théoriquement ; car en février, l’armée qui devrait compter 500.000 hommes, n’en possède en réalité que 290.000, soit environ 100.000 en Belgique, 25.000 sur la Moselle, 45.000 à Mayence, 30.000 dans le Haut-Rhin, 40.000 en Savoie et à Nice, 20.000 le long des Pyrénées, plus une trentaine de milles à lintérieur. C’est peu pour prendre l'offensive ! et cependant Dumouriez va se lancer hardiment à la conquête des Pays-Bas.

Tandis que nous nous efforçons tant bien que mal de mettre sur pied nos projets pour la campagne de 1793, l'ennemi qui s’est accru de l'Angleterre et des Pays-Bas (dont les déclarations de guerre sont du 1er février), se prépare à nous écraser.Brunswick, Cobourg et Beaulieu ont décidé d’opérer comme il suit (8) : «les armées combinées d'Autriche, de Prusse et d'Angleterre, seront disposées sur une ligne droite autant que possible...» un corps

. Décret du 25 janvier, Lois, XII, 82.

. Séance du conseil exécutif, 19 janvier, A. N., A. F., IL 2.

Séance du 25 janvier au comité de Défense générale, Aulard, 11,9. Ibid., au conseil exécutif, Aulard, II, 11.

Ibid.,au comité de Défense générale, 27 janvier, Aulard, IT, 16. Ibid., conseil exécutif provisoire, 28 janvier, Aulard, IT, 19.

Ibid., 29 janvier, Aulard, II, 22. à

Plan de campagne de terre des armées combinées, janvier 1793, A. G.

D NIOUE Lo Nm

d'environ 80.000 Prussiens ou Hessois sous les ordres du roi de Prusse, fera le siège de Mayence. Ce corps sera l'aile gauche des armées combinées.

Le centre comprendra 2 fortes colonnes d’environ 65.000 hommes, qui se formeront dans la région de Juliers.

L’aile gauche, établie vers Vanloo, sera composée de quelque 20.000 Prussiens, auxquels se joindront 30.000 Anglais et 12.000 Hanovriens.

« La grande armée ainsi combinée, agira comme le rayon d’un cercle, qui ayant son centre à Mayence. décrira par sa rotation sur ce point une partie de circonférence, telle que, l’armée ainsi rangée, se trouve en face des villes de Lille, Valenciennes etc. tout le cordon des places fortes de la Flandre.

Les projets sont, l’armée ainsi rangée sous Mayence, Juliers et Vanloo ; le roi de Prusse compte être arrêté quatre mois par le siège de Mayence et pendant ce temps, le rayon se mouvra de manière à ce qu’en se prolongeant à l’ouest, on puisse attaquer et prendre à la fois, les villes d'Anvers, Bruxelles et Namur.

Supposant par là que la ville et la citadelle d'Anvers étant prise, l’armée de Dumouriez sera entièrement laissée derrière à Gentrüydenberg et Bréda et par là coupée de toute communication avec l’armée française... »

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