‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 291 sur 327 · Dumouriez à Pache, 3 février, A. G · texte numérisé non relu

Dumouriez à Pache, 3 février, A. G

A: LA ‘FIN DE 1792 ù 373

Français et Prussiens demeurent dans leurs quartiers d'hiver. Custine met le temps à profit pour faire une reconnaissance des bords du Rhin et élabore un plan défensif d’ensemble des forces qui lui sont subordonnées.

: Un corps de 7 ou 8.000 hommes de l’armée de la Moselle, placé à Kayserslautern (1), suflira pense-t-il, à tenir les chemins et gorges du Palatinat et les routes descendant du Hundsrück. Ce corps arrêtera toute tentative venant de Trèves. Le gros de l’armée s’établira entre Thionville et Sarrelouis, surveillant les passages de la Sarre, en liaison avec ses éléments avancés, pour s'opposer à toute infiltration par la vallée de la Nahe.

Quant à l’armée du Rhin, elle se contentera de surveiller les passages du fleuve en installant à Spire 3 brigades d’infanterie avec une cavalerie suffisante pour patrouiller le long des berges. Une tentative sur le Haut-Rhin n’est guère à redouter. Il convient cependant, à titre de précaution, d'installer 10 à 15.000 hommes dans la région de Drusenheim et de construire des ouvrages pour barrer les principaux points de passage du fleuve.

Ces dispositions une fois prises, l’armée des Vosges s’assied solidement dans Mayence, retranche le faubourg de Kastel à rive droite et y organise une très forte tête de pont.

Elle occupe ainsi toute la région de Spire à Mayence et de Mayence au village de Breitzenheim, derrière Kreuznach, en face des armées Prussiennes et Hessoises installées sur l’autre rive (2). Houchard commande l’avant garde à Kreutznach et surveille le débouché des défilés descendant du Hunsrück.

La position dans son ensemble paraît solide. Merlin de Thionville, l’un des commissaires envoyé auprès de Custine, déclare dans une lettre au député Thirion : «pourquoi n’êtes-vous pas tous ici et ne pouvez vous pas tous voir; vous penseriez bientôt que s’il existe une place essentielle au salut de la République, c’est aujourd’hui Mayence, qui se gardera en mars avec 9.000 homes et qui donnera la faculté à notre armée, forte de 60.000 hommes, de tenir la plaine et de s'opposer du même point à tous les mouvements de l’ennemi qu’elle pourra prendre à revers, soit dans le Luxembourg et le pays de Trèves, s’il s'éloigne de Mayence, soit sur les départements du Rhin, s’il avait l’intention d’inquiéter cette partie de nos frontières ».

À l’armée de la Moselle, Beurnonville, après avoir reporté ses troupes derrière la ligne de la Sarre, à la suité dela malheureuse expédition sur Trèves, a demandé et obtenu un congé pour se rendre

1. Custine à Desprez Crassier, 3 février 1793. A. G. 2. Merlin de Thionville à Thirion, 4 février. A. G.

Page 1