VI. — Organisation de la Défense des places frontières
Nous avons vu au chapitre précédent, les girondins accuser Pache d’incurie et d’ineptie et critiquer en particulier, les ordres donnés par lui pour tirer des places frontières les approvisionnements nécessaires aux armées en opérations, que la régie des vivres, pour faire pièce au directoire des achats, laissait alors dans le plus grand dénuement. .
Cette manière de faire était qualifiée de tardive et désastreuse, et plus tard, l’on devait prétendre à l’instigation des mêmes girondins, que le ministre «cherchait par cette mesure à livrer nos places frontières à l’ennemi (1) ».
Nous alons voir au contraire, qu'il s’est efforcé pendant le mois de janvier 1793, de mettre nos forteresses en état de pouvoir jouer leur rôle au cours de la prochaine campagne.
Dès le début de janvier, il écrit à Carnot Feulins, directeur du dépôt des fortifications, de lui fournir la situation des places de guerre (2). Il doit réitérer cette demande le 22 janvier et précise qu'il désire savoir « dans quel état doivent être les plus menacées par rapport aux fortifications, à l'artillerie, aux approvisionnements de siège et de toute espèce, au nombre -de leurs défenseurs de chaque arme et comment, dans quelle progression, leur état actuel diffère-t-il de leur véritable état de défense (3) ». Ïl reçoit de son subordonné un résumé des dossiers du dépôt des fortifications (4) et l'assurance d’avoir incessamment des ren-° seignements plus détaillés (5) avec l'avis que des rapports très complets, établis en juin 1792, se trouvent dans les archives du bureau du comité de la guerre (6). L'état demandé, lui est remis à la fin de janvier (7). |
1. Lettre de comité de Sureté générale en l'an III à la commission des subsistances, loc. cit; G. F. Adrien Sée, Introduction, p, III, IV et V.
2 Pache à Carnot Feulins, 5 janvier. AUX