Séance du 3 février, Moniteur du 5, n
Plusieurs membres de l’une des extrémités : «Et les ouvrages que Roland y a fait parvenir ? »
Lecointre : «J'ai écouté attentivement l'adresse ; elle contient des éloges du ministre et n’est point propre à donner des éclaircissements sur la conduite de Pache qui est reconnu ou prévaricateur ou stupide.
Si vous adoptez la demande qui vous est faite et que vous décrétiez que Pache n’a pas perdu l'estime publique, je vous demande quelle conduite vous tiendriez, si, par le résultat du rapport que votre commission est chargée de vous faire, Pache se trouvait coupable.
Lorsque les généraux vous ont fait contre le ministre dé la guerre des dénonciations motivées, vous y avez ajouté quelque croyance, puisque vous avez chargé un comité d'examiner sa conduite ; ainsi, déclarer aujourd’hui qu’il conserve votre estime, le juger ensuite, serait une contradiction manifeste.
Je demande l’ordre du jour.»
L'assemblée passe à l’ordre du jour.
Une partie des membres de lextrémité, allègue des doutes sur les résultats du scrutin et réclame une deuxième épreuve. L'assemblée est très agitée.
Le président : «La Convention nationale à passé à l’ordre du jour. »
Thuriot : «Non, monsieur, elle n’y a pas passé et je demande l'insertion de la pétition au bulletin » {murmures).
Barbaroux : «Je m’oppose au renouvellement de l'épreuve et je demande à être entendu comme membre de la commission. »
Plusieures voix: « Vous n'avez pas la parole: une seconde épreuve ».
Saint-André : «Je demande que Barbaroux soit tenu de déclarer si c’est au nom de la commission qu'il demande la parole ; dans le cas contraire, je demande qu’il soit rappelé à l’ordre. »
Barbaroux insiste pour avoir la parole ; le tumulte augmente ; le président se couvre.
Le président découvert : « Je ne ferai aucune observation sur la scène affligeante qui vient de se passer. »
N... : «Mettez votre chapeau encore une fois. » { Violents murmures contre l'interlocuteur ).
Plusieurs voix : «La censure et l'envoi du procès-verbal aux départements ! »
Ferrand : « Je demande que Pache ne puisse pas sortir de Paris qu'il n'ait rendu ses comptes. »
Marat : «Roland! Roland ! »
Le président : «J'ai: mis aux voix l’ordre du jour; il a été
décrété. On demande une seconde épreuve; je vais la faire.»
Prieur : «il y a deux propositions, l’une de décréter la demande des pétitionnaires, convertie en motion ; l’autre d'imprimer leur adresse ; j'en demande la division. Il est possible qu’il y ait des membres qui veulent adopter l’une de ces propositions et qui rejetteraient l’autre. »
Châles et Brival demandent l'insertion de la pétition au bulletin. L’assemblée rejette cette dernière proposition et passe à Pordre du jour sur la demande des pétitionnaires.
Ainsi, la majorité girondine vient de triompher une fois de plus et a réussi à faire reraser à Pache une consolation de pure forme. Elle fait plus encore ; car elle obtient le même jour, un décret qui est une dernière offense envers le ministre déchu : il autorise tout citoyen, ‘ayant bien mérité de la patrie dans les différentes armées, et n’ayant pas recu satisfaction de Pache, à être entendu à la barre (1).