Séance du 19 janvier 1792, Moniteur, XI
6, Séance du 21 janvier 1792, Moniteur, XI, 181... en ;
7. … « Nous n'avons déclare-t-il, que 20 jours d'ici au 10 févi ier et je vois avec douleur que le silence de l'assemblée sur mes propositions me réduit à l'impuissance d'agir ».
troupes de ligne; puis Albitte dénonce le ministre, auteur du projet : « des paroles dorées ne m’en imposent pas. M. Narbonne n’est pas un franc patriote, il n’a pas le langage loyal qui convient au patriotisme et ne fait que bégayer ».
Jaucourt, Dubayet, Carnot jeune parlent dans le même sens. . Le soir, l'assemblée hésite. Elle décide que l’infanterie et la cavalerie ne se complèteront pas dans les bataillons de volontaires. Reste l'artillerie. « il n’y avait pas de raison, dit Brissot (1), pour que l’artllerie plutôt que les autres parties de l’armée se recrute parmi les volontaires. Cependant, je ne sais par quelle manœuvre l’affirmative a été décrétée, après deux épreuves et au milieu du tumulte. Le tumulte a été croissant ; le président lève la séance ; une partie de l’assemblée refuse de se retirer et ne s’y résout qu'après être restée assez longtemps en place ».
Ce demi succès du ministre n’a pas de lendemain. Le 22, la gauche s’est ressaisie et demande qu’on rapporte la dernière partie du décret de la veille. Malgré une opposition très vive, l’assemblée se range à cet avis ; l’artilerie comme les autres armes, ne pourra désormais se recruter parmi les volontaires en activité de service (2).
Narbonne n’accepte pas de bon gré sa défaite. Le 23, il revient défendre son plan de recrutement. Après avoir repoussé les objections précédemment formulées, il déclare que si l'assemblée ne lui donne pas le moyen de réunir le grand nombre d'hommes qu'il croit indispensable pour soutenir la guerre, il se refusera à attendre la honte comme ministre et ira chercher la mort comme soldat de la Constitution (3). $
A la vérité, cet échec est suivi de plusieurs autres (4), sans que le ministre s’en laisse influencer et perde rien de son opiniâtreté. Il prend d’ailleurs sa reva che au début de février. Le comité militaire présentant un projet de décret sur la résiliation d’un traité passé avec la compagnie Peaudouin pour le transport des convois militaires, Narbonne s'y oppose vigoureusement (5)... Qil a dit d’un ton très leste (6), que si elle avait lieu, il ne se chargerait pas sur responsabilité de faire arriver les convois à temps. M. Narbonne oublie qu’un tel langage est plus propre à irriter les esprits qu’à les lui concilier. Il oublie qu’un ministre manque
1, Pültriole français du 23 janvier 1792.