‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 58 sur 327 · Ï. — L'ARMÉE AU MOMENT DE LA RÉVOLUTION DU 410 AOUT · texte numérisé non relu

Ï. — L'ARMÉE AU MOMENT DE LA RÉVOLUTION DU 410 AOUT

L'armée au printemps de 1792 : les troupes de ligne et les volontaires, l'armement el les places fortes, l'approvisionnement,

La mise sur le pied de guerre. e $

Insufisance de notre préparation : affaiblissement des troupes de ligne et développement dispropoitionné des volontaires, insuffisance de notre matériel, Désorganisation générale,

Ordre de bataille au 10 août 1792.

L'armée au printemps de 1792 : les troupes de ligne et Les volontaires. Au printemps de 1792, les forces organisées du pays se

se composent de deux éléments distincts : l’armée de hgne. les bataillons de volontaires.

L’armée de ligne, réorganisée en 1791, comprend un effectif d'environ 150.000 hommes (1). Elle se recrute presqu’exclusivement par des engagements volontaires (2) et se divise en 110.000 fantassins, répartis en 104 régiments et 14 bataillons légers (3), 30.000 cavaliers formant 62 régiments (4), 40.000 artilleurs (5) et 30 divisions de gendarmerie. Il existe en outre un état-major correspondant (6).

La garde nationale, reconstituée elle aussi en 1791 (7), devait former 169 bataillons de marche à 574 hommes (8) ; mais en fait 33 bataillons, soit un peu moins de la moitié, sont seuls organisés au début de 1792 (9). : £

La dualité de composition de notre infanterie, apparaît au premier abord,comme une sérieuse cause de faiblesse, d'autant qu’elle est aggravée par la désertion continuelle d’une partie des éléments de l’ancienne armée. Les régiments de ligne,très incomplets, doivent s’étayer sur les bataillons de volontaires et ceux-ci demandent du temps pour acquérir la cohésion nécessaire à une véritable troupe. L’entrain des volontaires de 1791, supplée cependant jusqu’à un certain point à leur manque d'instruction militaire. Ils constituent bientôt une force, avec laquelle il faut compter (10) et dont l'esprit plus souple devient assez solide pour les faire préférer parfois aux anciens régiments (11).

1. 130.718 hommes au 27 mars 1791 (rapport du ministre de la guerre sur les besoins de son département, Moniteur, XIII, 753) ; 146.000 hommes au 22 juillet 1791 (rapport de Lameth au nom du Comité militaire). L’eftectif théorique était de 213.000 hommes

2, Décrets des 28 février 1790 (Moniteur, III, 492)-et 16 décembre 1789 (M., II, 400).

3. Grimoard, Tableau historique des Guerres de la Révolution de France, 1, 347, 359 ; Pairon ; L'armée et la Garde Nationale, 1; Chuquet, Guerres de la Révolution, 1, 28 ; Archives de la Guerre. Le régiment d'infanterie est à 1.029 hommes, il comprend 2 bataillons à 9 compagnies, commandés chacun par un lieutenant-colonel. Les 14 bataillons d’infanterie légère sont à 8 compagnies.

4. 2 régiments de carabiniers, 24 de cavalerie, 18 de dragons, 12 de chaseurs, 6 de hussards.

5. Il existe 7 régiments d'artillerie, 6 compagnies de commis, 10 d’ouvriers.

6. 4 généraux d'armée, 34 lieutenants généraux, 60 ma’'échaux de camp, 30 adjudants généraux, 137 aides de camp.

7. Séanoe du 27 et décret du 28 avril 1791, Moniteur, VIIT, 248.

8. Ces 97.000 hommes seront distiibués en 15 divisions sur nos frontières (décret du: 22 juillet 1791). Leur organisation définitive est fixée le 4 août 1791, Moniteur, IX, 304. ?

9. Grimoard, op. cit, ; Chuquit, op. cit. ; Rousset, Les Volontaires, I.

10, Lafayette, Mémoires, IV, 335; Dumouriez, 1apport du 18 juin ; Victor de Breuil à Narbonne, 9 janvier, A. G.

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