P.-V. séance du 20 août, ibid
5, Tableau Historique de la guerre de la révolution de France par Servan et Grimoaiïd, op. cit. "
6. D'Aldéguier, éloge historique de Lacuée, 1841, p. 13 ; du Coëêtlosquet Eloge du comte de GCessac; Cavrois, Discours du 18 juin 1841 ;: Chuquet op. cil., III, 16.
7. Lacuée publiera en 1789 de concert avec Servan un « projet de constitution de l'armée des Français » qui est leur œuvre commune.
porains ne séparent pas son nom de celui de Servan : «je talonnai Servan et Lacuée » va déclarer plus tard Danton au tribunal révolutionnaire (1) ; « mes compliments à Lacuée » écrira Labourdonnaye dans une dépêche à Servan (2).
Lorsque ce dernier donné sa démission, quelques conventionnels offriront sa succession à Lacuée. « Servan ne me désavouera pas, déclare Vergniaud ; depuis le 10 août, Lacuée a fait presque tout le travail de la guerre et il a servi très utilement la chose publique (3) ».
Servan voulut à la fin d'août envoyer Lacuée au quartier général de Dumouriez. L’alter ego du ministre devait suivre de près les opérations et donner son avis sur le meilleur plan défensif.
Mais Lacuée étant député, ne pouvait se rendre à l’armée comme commissaire de l’exécutif sans se charger de la responsabilité des événements. L’assemblée l’obligea à rester à Paris (4).
Le Commändement el l’organisalion générale de l’armée
1. Le Commandement. 1. Contre coup de la révolution du 10 août aux armées : envoi de commissaires de l'assemblée. Adhésion de Montesquiou et de Biron ; résistance de Lafayette. Il est destitué et remplacé par Dumouriez. É 2.sLa question de l’unité de commandement : dispersion de nos forces ; nécessité de les regrouper sous une düection unique. Lûckner générallisime en titre, Dumouriez en fait. Disgrâce de Lückner.
3. Le choix des commandants d'armée : pouvoirs conférés au ministre. Son action sur les mutations d'août ; maintien de Montesquiou.
1. Contre-coup de la révolution du 10 aoùt aux armées. — Dans quel état Servan allait:1l trouver notre haut commandement ?
II convient pour s’en rendre compte, d'examiner la répercussion des tragiques événements du 10 août sur l'esprit des généraux d’armées.
Toujours impatient et inconsidéré, Lafayette au reçu de la nouvelle, convoque la municipalité de Sedan et lui fait prendre un arrêté blâmant la révolution.[l adresse au conseil général du département des Ardennes une lettre dans le même sens et obtient son assentiment. Il écrit également à ses subordonnés, Dillon à Pontsur-Sambre et Dumouriez à Maulde pour leur expliquer sa conduite et leur ordonner de faire renouveler aux troupes le serment de fidélité à la constitution de 1791.
Tandis que le tumultueux général déploye dans son armée une activité aussi spontanée qu'irréfléchie, Biron dans son quartier
Note de Topino Lebrun, 21. es Lettre de Laboudonnayeà Servan, 17 septembre 1792, A. G. Séance du 3 octobre 1792, Moniteur, XIV, 116.
Séance du 28 août 1792, Monileur, XIII, 560.
Cr
général de Wissembourg, Lückner à Metz paraissent prêts à accepter le fait accompli. Montesquiou semble également disposé à solliciter la bienveillance du nouveau pouvoir (1).
De son côté, l'assemblée ne perd pas un instant pour faire comprendre aux défenseurs de la patrie la portée des événements du 10 août. Louis XVI est à peine suspendu, qu’elle désigne des commissaires pris dans son sein (2), pour se rendre aux armées. Leurs instructions sont préparées par le comité des Douze, réuni au comité militaire. Ils partent dans la nuit du 11 au 12 munis de pouvoirs étendus (3).
Gasparin, Rouyer, Lacombe Saint-Michel trouvent Montesquiou à son camp de Cessieux, quand il vient d’adhérer officiellement au mouvement de la capitale (4). Cet acte leur parait d’autant moins sincère, qu'ils sont circonvenus par les ennemis personnels du général, le maire de Lyon Vitet et le lieutenant général de Hesse. Ils demandent donc sa destitution (5).
Carnot, Coustard, Prieur de la Côte d’Or, Ritter, rejoignent Biron à son quartier général de Wissembourg et reçoivent l’assurance d’une parfaite soumission. Kellermann leur fait à Lauterbourg de semblables protestations ; enfin Custine les reçoit à Landau avec enthousiasme. Ils terminent leur voyage par Huningue et Pesançon (6). .
Kersaint, Antonnelli et Péraldi ont un sort moins favorable. Parvenus le 12 à Soissons.le 13 à Reims, ils gagnent Sedan par Rethel et y arrivent le 14 au matin. Ils trouvent cette ville en pleine effervescence. Le conseil général de la commune d’accord avec Lafayette, les fait arrêter (7).
Le même jour, le Conseil Exécutif Provisoire (8), décide que le général Lafayette « qui a manifestement perdu la confiance de la Nation », sera destitué dès que les commissaires auront annoncé leur arrivée près de lui.
1. Mortimer Ternaux, Histoire de la Terreur, III, 48, 80, 449.
: 2,1Les commissaires envoyés aux armées sont : pour l'armée du Rhin Carnot, Coustard, Prieur d: la Côte d'Or (Ritter leur est adjoint) ; pour l'armée du Midi : Gasparin, Rouyer, Lacombe Saint-Michel ; pour l’armée dès Ardennes : Kersaint, Antonelli, Péraldi ; pour l’armée du Nord :Delmas, Bellegarde, Dubois Dubay. Décret du 10 août.
3. L'instruction jointe au décret du 10 août autoris: les commissaires à pren lre à l'égard ds ofMiciers et des généraux des armées,toutes les dispositions nécessaires, à les suspendre ou à les remplacer selon ce que peuvent exiger les circonstances. C. EF. le p.-v. de la 2° séance du conseil exécutif,- 14 août, A. N'AF II], | ee Reise de Montesquiou à Servan, 15 août 1792. Ternaux, op. cil.,