P.-V. séance du 14 août 1792, À. N. AF III
Quand le 17 parvient la nouvelle de leur incarcération, le conseil exécutif arrête aussitôt, que puisque les commissaires incarcérés ne peuvent plus destituer Lafayette, ce dernier viendra à Paris rendre compte de sa conduite, et cédera le commandement à Dumouriez, provisoirement à l'officier le plus ancien (1). De son côté, l’assemblée sur la proposition de Vergniaud, décide que les administrateurs du département des Ardennes sont destitués (2), qu’ils seront arrêtés et conduits à la barre, avec Lafayette décrété d’accusation (3).
Ce dernier, renonçant à entrainer les troupes dans sa rebellion, prend la fuite le 19 et se réfugie chez les autrichiens (4) .Les commissaires emprisonnés à Sedan sont rendus à la liberté le 20 et reçoivent soumission pleine et entière de la municipalité, du conseil du district et du conseil général des Ardennes (5).
De leur côté, Delmas, Bellegarde, Dubois Dubay chargés de visiter les corps stationnés sur la frontière entre Dunkerque et Maubeuge, se dirigent sur Cambrai (6) et Valenciennes. Là ils appellent à eux Dillon et Dumouriez (7).
Dillon, après avoir obéi à l’ordre de Lafayette (8), se rétracte et s'incline devant les commissaires. Dumouriez se prononce hautement pour la révolution et promet à l’assemblée l’appui de son épée. Il en est récompensé par le commandement en chef de l’armée du Nord (9).
Ainsi, quand Servan arrive à Paris, notre haut commandement vient d’être profondément affecté par les derniers événements : Dumouriez y a gagné l’armée du Nord ; Dillon est toujours à son poste, mais il est discrédité par la faute qu’il a commise ; Lafayette est en fuite. Biron, Custine, Kellermann donnent toute confiance ; mais Montesquiou suspect,est sur le point d’être destitué. Quant à Lückner, il est encore à la tête de l’armée du Centre.
2. La Quesrion de l’uniié de Commandement. — I] ne s’agit pas seulement de s'assurer la soumission des commandants d'armée ; il faut surtout être en état de résister à l'ennemi. :
Ibid., 17 août.
Décret du 17 août 1792. Moniteur, XIII, 467.
Moniteur, XIII, 455, Collection des Lois, 1792, X. 441 et 474. Moniteur, XIII, 492.
Ternaux, op, cil., III, 74.
Lettre à l'assemblée du 31 août, Moniteur, XIII, 490. . Dumouriez peu après avoir quitté le ministère, avait pris le commandement du camp de Maulde, formant l'extrême gauche de l'armée du Nord. Dès son ariivée, il avait cherché à se rendre indépendant et s'était mis en querelle ouverte avec ses chefs Dillon et Lafayette. Pendant que ce dernier écrivait au ministre pour s’en débarasser, Dumouriez dénonçait Lafayette à l'assemblée. IL était soutenu par le montagnard Couthon. : 8:11 avait adressé à ses troupes un o1dre du jour très vif contre le 10 août, Moniteur, 969 :
9, Décret du 17 août 1792, Moniteur, XIII, 454. *