Custine à Biron, 7 septembre, À. G. À
5. Letties de Laclos des 10 et 11 septembre, A. G. ; Chuquet, op. cit.
6. Billaud Varennes à Danton, Révolutions de Paris, XIII, 492. Billaud avait été envoyé en mission à Châlons par le conseil exécutif. Délibération du conseil du 4 septembre. AN, AF II L. ;
7, Séance du Conseil exécutif, 22 septembre, Recueil Aulard, I, 59.
8, Séance du 21 août, Aulard, I, 27.
Le 21 août, Servan au débotté, prend part à la séance du conseil où se discute la destitution de Lückner et de Dillon (1). I se déclare partisan de cette double mesure et la fait adopter par ses collègues. Mais le 22, Clavière d'accord avec Dumouriez, obtient le maintien provisoire de Dillon (2) et Lückner voit l'arrêté le destituant se transformer en une promotion à la fonction de généralissime. Au moins, Servan qui a eu la main forcée, trouve-t-1il une compensation en plaçant Kellermann à la tête de l’armée du Centre.
Reste Montesquiou. Au lendemain du 10 août, le commandant de l’armée du Midi a fait au ministre des protestations de dévouement et de fidélité (3). Mais son attitude est démentie par le maire de Lyon Vitet et le lieutenant général de Hesse, commandant militaire de cette ville, tous deux ses ennemis personnels. Les commissaires Lacombe Saint-Michel, Rouyer et Gasparin, se laissent circonvenir par eux et se prononcent pour la destitution (4). Servan influencé à son tour par les rapports des commissaires, propose le 27 août au conseil de rappeler Montesquieu et de donner son armée à Danselme (5). -
Mais le ministre s'aperçoit bien vite qu'il a été trompé et qu'il n'y à dans cette affaire qu'une querelle de personnes. Estimant que de si mesquines préoccupations ne doivent pas trouver place en un pareil moment, il obtient du conseil de suspendre la destitution déjà prononcée (6). Il s'ouvre avec franchise de ces intrigues au
général et lui fait part des espoirs qu'il fonde sur lui (7).
Servan, grâce à sa personnalité même, joue donc un rôle prépondérant dans le choix des commandants d'armée. Le conseil exécutif adopte le plus souvent ses vues. Comme le dit conseil va rentrer dans la plénitude de ses attributions exécutives par suite du vote des décrets l’autorisant à nommer tous les officiers (8), même géné-