‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 71 sur 327 · Chuquet, op. cil · texte numérisé non relu

Chuquet, op. cil

MaChNuqUeEL MOD AC, "IL 88.

blée détachés près de lui (1), affirmant son zèle pour le nouveau régime, faisant mille protestations de dévouement (2).

Mais les troupes de nouvelle levée qu’il a maintenant sous ses ordres, n’ont elles, aucun respect'pour lui. Elles plaisantent sa figure et son jargon. Cette insubordination croissante et surtout l’approche des Prussiens, lui enlèvent vite sa belle confance. Il est entièrement découragé et déclare que tout est perdu (3). Sa correspondance avec les généraux est empreinte d’un profond pessimisme (4), qui luisanspire des initiatives malheureuses, malgré la surveillance de Laclos. « Je vous demande écrit ce dernier à Servan, ce que l’on peut faire d’un pareil hcmme ? c’estno tre plus grand obstacle » et il propose non de le destituer brutalement, mais par ménagement pour sa réputation militaire, de le mander à Paris, comme conseiller technique du gouvernement. « Gardezle ajoute-t il jusqu’à la fin de la campagne, ce n’est qu’à Paris qu'il sera utile sans être dangereux (5) »..

Billaud Varennes, de passage à Châlons, partage cette manière de voir « Laclos écrit-1il à Danton, n’est pas lui-même un être en qui on puisse avoir une confiance aveugle ; mais Lückner est un hors d'œuvre, 1l fait pitié. Conserver cette machine étrangère où elle est placée, c’est se charger d’une responsabilité terrible et compromettre le sort de nos armées (6)».

Dans ces conditions, Servan n'hésite plus et décide le conseil “exécutif à rappeler Lückner à Paris. Il y arrive le 22 septembre, toujours accompagné de Laclos. Le ministre l’invite « à éclairer le conseil de ses avis, ce qu'il pourra faire plus utilement dans la capitale qu’à Châlons, vu la fermentation qui règne dans cette ville (7) »

Désormais, Lückner est délinitivement éliminé. :

3. Le choix d2s connundznts d'armée. — Servan doit, de par ses fonctions, s'occuper non seulement du commandement en chef ; mais aussi désigner les généraux de nos armées en opérations.

Nous savons qu'avant son arrivée à Paris, d'importantes mesures ont déjà été prises à ce sujet par le conseil provisoire : à l’ar- . mée du Nord, Lafayette a été remplacé par Dumouriez et l’on est sur le point de remercier Montesquiou (8). |

1. Prieur de la Côte d'Or, Crub'isr d'Obterre, Broussonet envoyés en mission au camp de Châlons le 29 août. <

2. Noir en particulier sa lettre du 1°" septembre à Servan, À. G.

3. Rapport de deux députés du corps électoral de l'Aube, 7 septembre.

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