Servan à Dumouriez, 15, 17, 18 septembre
Mais pour le moment, les anciennes troupes de ligne constituent la seule ossature vraiment solide de l’armée. Or, leur source de recrutement est comme nous l’avons vu presque tarie. Elles s’affaiblissent sans cesse. Il y a là un péril urgent qu'il convient de conjurer.
L’instant parait si grave, que l’assemblée se résout enfin à adopter une mesure qui lui répugne à l'extrême, mais qui est préconisée depuis de longs mois par tous les ministres de la guerre comme le seul remède : le recrutement de l’armée dé ligne dans la garde nationale. Le décret du 12 septembre va permettre de le réaliser. Il est ainsi conçu : «Considérant (1) que le recrutement des troupes de ligne est nécessairement ralenti par la prompte formation d’un grand nombre de bataillons de volontaires et de compagnies franches, considérant qu'il serait d'autant plus utile de recruter les régiments qu'à mesure qu'il y manque des hommes au complet, les armes restent inuüles ; voulant indiquer aux citoyens les moyens les plus prompts et les plus efficaces pour défendre la patrie en danger... décrète...
« 10 Tout garde national volontaire, qui déjà compris dans la formation d’un bataillon qui ne serait pas encore armé et équipé, préférerait de s'engager dans un régiment de troupes de ligne, recevra une somme de 30 livres par année d’engagement.
«29 Il recevra 3 sous par lieue pour se rendre à son régiment.
«39 L'assemblée nationale déroge à toutes lois antérieures qui pourraient être contraires aux “dispositions des articles précédents. »
Ce texte va permettre de rendre de la vitalité à nos régiments, dont le rôle demeure essentiel.
c) L’armement, l'équipement, l'habillement des troupes, la défense des places. — Mais il ne suffit pas de trouver des hommes, il faut encore les habiller, les armer et les nourrir.
Nous savons -combièn l’armement était incomplet au 10 août ; pour arriver à fournir les nouvelles levées, il va falloir un effort considérable, que l’on va entreprendre au lendemain même de la révolution.
Le 19 août, les 5 manufactures de guerre déjà existantes et celle de Klingenthal sont déclarées « “manufactures nationales de guerre », placées sous la surveillance de l’exécutif et sous la direction dan conseil d'administration présidé par un officier d'artillerie, qualifié «d’inspecteur». Le travail fourni par les ouvriers compte comme service militaire (2).