Dumouriez, Mémoires
8. Rapport de Dumouriez à la Convention, séance du 12 octobre, Moniteur du 13.
b) Les armées du Nord et du Centre. Dumouriez et ses projets sur la Belgique. Servan le décide à prendre le commandement de l’a1mée des Ardennes. Ordre de bataille des ææmées de Sedan (Dumouriez) et de Metz (Kellermann).
C’est sur les armées du Nord et du Centre que va retomber tout le poids de la lutte. Composées exclusivement de troupes de ligne et de volontaires de 1791, elles tiennent la campagne depuis le début sans se laisser entamer. Dumouriez et Kellermann viennent de remplacer à leurs têtes Lafayette et Lückner.
Mais l’armée du Nord comprend en réalité deux groupements distincts : d’une part les troupes disposées dans les camps de Famars, Pont-sur Sambre, Maulde dont Duamouriez s’est réservé le commandement direct, d’autre part l’armée des Ardennes à Sedan, que Lafayette vient d'abandonner et ou Dumouriez a imposé Dillon au ministre de la guerre avec l’appui des commissaires et de Clavière.
‘Damouriez, de son quartier général de Valenciennes, se prépare à envahir les Pays-Bas. Il n’admet pas en effet une guerre défensive, parce qu’en restant sur place à 200 kilomètres dé Paris, il craint, s’il subit un seul échec, de découvrir la capitale. Mais en attaquant hardiment, en pénétrant dans le Brabant, il oblige Clerfayt d’accourir au secours du duc de Saxe-Teschen qui en assume la garde, désorganisant ainsi par son départ l’armée d’invasion. Brunswick sera contraint de s'arrêter (1).
Servan estime dangereux d’agir si indirectement sur la colonne ennemie. [] préfère voir Damouriez prendre à Sedan le commande-
ment de l’armée des Ardennes, puis se joindre à Kellermann pour
assaillir les Prussiens.
D imouriez répugne à ce plan. Comme il ne peut à la fois envahir les Pays-Bas et opérer en Lorraine, il aime mieux laisser Dillon et Kellermann aux prises avec les Prussiens, tandis qu'il se jettera sur les Autrichiens de Belgique (2). Il pousse fiévreusement ses préparatifs.
En vain Servan lui représente-t-1l qu’il faut renvoyer à l'hiver cette opération, qu'il s’agit avant tout de couvrir la capitale (3) ; le général persiste dans sa résolution (4). Vu l'urgence de la situa« tion, Servan donne alors à Dillon les instructions suivantes pour s'opposer à la marche de l’ennemi sur Verdun, en lui disputant les passages de la Meuse : retarder coûte que coûte son avance
Dumouriez à l'assemblée, 18 août, Monileur du 22, XIII 453. Dumouriez à Servan, 20 et 23 août,
Dumouriez à Servan, 23 août ; Servan à Dumouwiez, 24 et 25 aoû.t Dumouriez, Mémoires, I, 251.