‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 93 sur 327 · Dumouriez, Mémoires, I · texte numérisé non relu

Dumouriez, Mémoires, I

4, 11e Division (Beurnonwville) : 56°, 78° de ligne ; 6 bataillons de volontaires de 1791 ; légion Belgique ; 2 escadrons du 6° dragons ; 2e Division (Dampierre) : 45° de ligne ; 10 bataillons d'infanterie légère, 4 de volontaires de 1791 ; 5° dragons, 5° chasseurs à cheval.

Cette petite armée sera renforcée à Châlons par le 7° bataillon de Fédérés organisé par Lückner. ;

18 régiments de ligne (1), 3 bataillons d'infanterie légère (2), 8 de grenadiers, 18 de volontaires de 1791 (3), 22 régiments de cavalerie (4); au total environ 35.000 hommes.

Kellermann arrive en même temps que Beurnonville au secours de Dumouriez. Il a reçu le 2 septembre du ministre l’ordre de marcher par Ligny et Bar-le-duc sur Revigny. Il quitte le 4 son camp de Frescaty. À Pont-à-Mousson, il est rejoint par des troupes détachées de l’armée du Rhin.

Il marche lentement, craignant de voir les Prussiens se rabattre sur Metz; au lieu de se porter sur Paris (5). Même après la prise de Verdun, il considère encore les mouvements de Brunswick sur l’Argonne comme une feinte. Ils cherchent, mande-t-il à Servan, à m'éloigner le plus possible ; puis il rétrograderont pour s ’emparer de l'Alsace et de la Lorraine (6). Plein de circonspection, il séjourne à Toul les 5 et 6 septembre, atteind le 7 Void ; puis s'arrête à Ligny.

Servan n’est pas fâché de sa prudence. « Kellermann écritil (7), peut de Ligny soit se rendre à Châlons, soit se mettre en queue de l’ennemi s’il descend la Marne, soit tourner vers Metz si les circonstances l’exigent, soit enfin recevoir les secours de Lückner » et le ministre lui conseille de séjourner à Ligny jusqu’à ce qu on voit clair dans les desseins de Brunswick (8).

in fait, Kellermann se laisse tromper par les Prussiens. Il se porte le 10 à Saint-Dizier, y demeure le 11 ; puis rétrograde le 12 sur Bar-le-Duc. C’est là qu’il apprend le 13 l’échec subi par Dumouriez à la Croix au Bois. Son collègue l’invite à le rejoindre au plus tôt (9).

Kellermann estimant Dumouriez compromis, allègue qu’il arrivera trop tard et gagne je 14 Vitry-le-François par Revigny et Sermaize.

Tandis qu’il hésite à se porter sur Sainte-Menehould, il reçoit de Servan l’ordre formel de soutenir l’armée des Ardennes et

1. 6e, 8e, 17e, 19e, 29e,r48e, 45e, bde, 55e, 56e, 58e, 68e, 71e, 78e, 83e, 94e, 95e, 98e, 99e.

BR lES , 3e bataillons -deParis ;s Der, 2e, 8e, de la Marne ; 1er, 2e, 3e, De de 1 Meurthe ; 1° de l'Aisne, de’ la Seine- ste de la Vienne, de la Vendée, de la Sarthe, des Deux-Sèvres, Allier, Charente-Inférieure, Eure et Loire, Mayenne et Loire ; 2° du Nord, Saône- et-Loire, Meuse, Haute-Vienne; 3° des Ardennes, 4e de la Meuse, 5° des Vosges.

4, 3e, 7e, 15e, 21°, 23e de Cavalerie ; 2e, 3e, 5e, 6e, 7e, 10e, 12e, 13 dragons ; 3e, 5e, 6e , 11°, 12° chasseurs à cheval ; 1er, 2e, 5e, 6° houzards. Kelle:mann à Dumouriez, 6 septembre,

Kellermann à Servan, 8 et 9 septembre.

Servan à Dumouriez, 9 septembre.

Servan à Kelleumann, 10 septembre.

Dumouriez à Kellermann, 13 septembre.

soso

de lui amener en diligence toutes les troupes qu’il pourra rassembler . (1).

Kellermann s'incline. «Je ferai limpossible, répond-il (2), et je vous promets que je donnerai une main très ferme à Dumouriez, dans quelque position qu’il puisse se trouver. »

Malgré ces belles assurances, il n’est encore arrivé le 17 qu'à Fresnes sur-Moivre, avançant toujours lentement, sous prétexte que son armée manque de chaussures et de vêtements. Le 15, à Dampierre- le Château, il soutient encore au ministre qu'il vaudrait mieux s'établir à Suippes, à portée des secours de Paris. S'il atteint enfin le 19 Dommartin-la:Planchette, et y fait jonction avec Duamouriez, c’est bien à son corps défendant et sur l’ordre exprès et répété de Servan (3).

Quoiqu'il en soit, il conduit un secours de 17 bataillons et 30 escadrons, soit environ 16.000 hommes, qui joints aux 35.000 de Dumouriez, vont lui assurer sur l'ennemi la supériorité numérique.

La glorieuse journée du 20 septembre n’est donc pas fente ment l’œuvre de Dumouriez et de Kellermann : c’est pour beaucoup ‘aussi Celle de Servan. Le premier, il pense que c’est en Champagne que doit avoir lieu la décision (4), et s'oppose à l'invasion de la Belgique malgré Dumouriez. Il sent l'importance de l’Argonne et n'hésite pas à dégarnir temporairement la frontière du Nord pour renforcer l’armée des Ardennes. «C’est sur vous, écrit-il à Dumouriez (5), que repose le destin de l’État et si nous parvenons à repousser cette grosse colonne ou seulement à la rendre stationnaire, la victoire est à nous. »

Aussi, Servan fait-il.tous ses efforts pour opérer la Jonction de larmée du Centre avec celle des Ardennes et ne parvient qu’à force d’énergie à l’effectuer à temps.

Tout en ayant une action directe sur læ conduite des opérations, 1l agit cependant avec le plus grand tact et donne des conseils plutôt que des ordres, pour ne pas enlever aux généraux leur liberté d’action. «Je ne veux pas leur écrit-il (6), diriger vos mouvements ; mais en causer avec vous... Je ne vous prescris rien parce que je veux vous laisser absolument le maitre. je vous dirai toujours ce que la prudence me suggère et tout ce qu’exige de moi l’ensemble des grands projets qui me sont confiés;

Servan à Kellermann, 16, 17 septembre.

Kellermann à Servan, 17 Septe. nbre,

Servan à Kellermann, correspondance du 13 au 19 septembre. Chuquet, op. cit.

Servan à Dumouriez, 17 septembre.

Servan à Dumouriez, 7, 17, 23, 29 septembre ; à Kellermann, 20 septembre.

PRENE

mais comme vous êtes en état de bien voir et en place pour le faire, je ne contrarierai jamais les opérations auxquelles vous tenez formellement et ferai au contraire tout ce qui dépendra de moi pour les faire réussir...

Quand j'écris à un général, mon intention n’est jamais d’influencer les opérations comme militaire; je ne mets d’autre poids à mes opinions que celles qu'elles auraient si je n'étais pas ministre. »

H. Libermann 8

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