‹ La défense navale de l'empire britannique [microforme]Chapitre 3 sur 4 · RO À · texte numérisé non relu

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motifs, et la presse ministérielle aurait eu ensuite raison de soutenir que rien n'était changé dans nos relations avec Ja métropole. Car l'ancien ministre des Finances avait parlé en Anglais chauvin et mégalomane, mais Sa proposition n'avait rien de contraire au principe autonomiste, et s’il y attachait, lui, une portée impérialiste, il ne tenait qu’au premier-ministre de Conserver aux mois leur sens intrinsèque. 1 M. Laurier, Pour une raison Connue de lui seul, Préléra proposer l'amendement que

Les trois premiers Paragraphes de cet amendement étaient assez inoffensifs. On n'en pouvait malheureusement Pas dire autant des deux autres. Dans le quatrième, le ministère Concédait l’organi-

tropole ; par le cinquième il engageait le Canada à

. Se jeter dans toutes les guerres de la Grande- Bretagne.

dinaires en argent, et Je Œuatrième, de manière à

réclamer la PROMPTE organisation de cette marine qui, tout en étant canadienne, recevra ses ordres de Londres et veillera d’abord sur les intérêts de la métropole.

Et ce n’est pas le procès du seul ministère que je fais en ce moment. Le parti tory a joué en cette affaire le même double jeu dont il essaya en 1899 avec un si beau succès. C'est lui qui a commencé au Canada l'agitation hystérique en faveur d'une offre de « dreadnoughts » à la Grande-Bretagne ; ce sont surtout ses journaux qui ont créé, au moyen de dépêches alarmistes savamment fabriquées dans les bureaux du London Times et retouchées dans les bureaux du Montreal Star, le faible sentiment jingoïste dont les vagissements ont effrayé le cabinet Laurier. C'est de ses rangs qu'est partie encore une fois l’imputation de manque de loyalisme qui est, lorsqu'il a tort, son argument suprême contre l'adversaire. Il a sa large part de responsabilité dans la dérogation à la politique traditionnelle du Canada, et les discours que M. Monk viendra faire après coup dans la province de Québec ne changeront rien à ce fait brutal. Au lecteur de juger entre ces appels criminels aux sentiments mauvais du Canada anglais --chauvinisme outrecuidant et provocateur, hostilité latente envers la province de Québec--et la reculade insensée faite par le ministère en temps de c: .me, devant

des galeries à peine rem prête—on l'a v MM. Congdon,

tout refuser. 4

que des * Je difiére

qui non seulement tion en Propres termes dans s

Mais qui nous lie, par les paragraphes suivants,

(1) Débats de la Chambre des Communes, 29 mars 1909.

certaine intelligence, l'on ne pourrait élire pour Sous quelque nom que c chenapans ou des frouss Sais bien qu'entre jour ntes on,ne s'entend Pas, ou l'on feint de ne Pas s'entendre.

Communes.

e députation rs nationalistes de Brodeur, Roy et Turcotte— prête à A lui de dire si dans un pays où

plies et un u par les discou

e fût, autre chose.

ards.

comporte cette proposi- °n premier paragraphe,

hs.

à des entreprises que l'ordre du jour Foster ne mentionnait même pas. Ces journaux—dont le Toronto Telegram est le type le plus accompli — auraient encore une autre raison pour mettre une sourdine à leur patriotique fureur ; car si M. Foster a jugé à propos de renoncer à son ordre du jour pour accepter, avec certaines modifications, celui de M. Laurier, c'est évidemment que son chauvinisme impérialiste y trouvait son compte ; car si le même M. Foster, quelques jours après, a cru devoir déclarer à ses électeurs de North-Toronto ane le vote du 29 mars comblait ses vœux, c'est que sa bonne foi n'a pas été surprise, mais qu'il avait ses raisons pour se rallier aux vues ministérielles. ‘!

La seconde interprétation n'est pas non plus absolument juste. Dés 1884, sir John Macdonald faisait à Londres, au nom du peuple canadien, des déclarations identiques à celles que vient de voter notre parlement. Il disait :

Je réponds de la fidélité du Canada. Je crois que ses intérêts les plus chers dépendent de son union avec le plus grand empire du monde. Je crois que la politique de la Grande- Bretagne est opposée à toute guerre oflensive et j'ai la conviction

que le peuple du Canada est prêt à assumer sa part de responsabilité et de dépenses dans toute autre guerre. (?

(1) La Patrie a reproduit cette déclaration dans son édition du 23 avril, d'un comote-rendu du Mail and Empire, organe reconnu du parti tcry à Toronto.

(2) Cité par M. Charles Langelier à la page 300 de ses. « Souvenirs politiques ».

Es

En 1886, le vieux politique tory, dans un autre discours dont le Compte-rendu, reproduit du London Times, fait en ce moment le tour de Ja Presse canadienne, répétait aux Anglais de Londres. sa profession de foi impérialiste :

Quand à Ja fédération impériale, qu'elle est nécessaire.

Il croit qu'à raison de la croissonce des nations-sœurs de. l'Australie, du Canada et de l'Afrique australe, les relations actuelles, si faciles et si agréables qu'elles soient, ne pourront À mesure que ces nations auxi-

elles devront assumer de plus lourdes responsabilités. Au nom de la Con-

est prête à se jéindre défensive, à sacrifier

dit le Times, il admet

qui augmentent en nombre chaque année, les autres nations y r'éfléchiraient à deux

4) « With regard to the question of Imperial Federation, — dit le Times,—he fully agreed that there must be Imperial Federation.

€ He believed that as the auxiliary natio

uada and South Africa increased comfortable and pleasa

ns of Australia and » the peer qe relations, d not remain per-

population, so they must increase in responsibiliti ing for the Dominion of Canada, h

Il faut également reconnaître que notre parlicipation à la guerre sud-africaine était, à notre abstentionrisme traditionnel, une dérogation plus effective et plus dangereuse que l'ordre du jour parlementaire le plus impérialiste.

Il y a une différence, cependant, entre l’exubérance chauvine d’un orateur de banquet et la-décision délibérée d'un parlement.

D'autre part, M. Laurier ne peut invoquer aujourd'hui le précédent de 1899 sans confesser implicitement qu'il trompait ses compairiotes à cette époque en leur disant que l'envoi de troupes en Afrique ne créerait pas un précédent.

Et cela reviendrait à dire que, s'ils forcent un peu la note, ceux qui accusent le ministère d'avoir sacrifié de cœur gai ce qui nous restait d'autonomie ne sont pas loin de la vérité. :

Il y a encore l'opinion des journaux ministériels canadiens-français et des journaux plus ou moins indépendants qui font ordinairement cause commune avec eux : le Canada, le Temps, le Soleil, la

… to join the Mother Country in her offensive and defensive league, to sacrifice their last man and their last shilling in defense of the Empire and the flag of England.

«And when it was known that in any quarrel and in any

-creasing year by RÉ Other nations would think twice before er.»

échapper à Personne, mais qui, chose surprenante, ne laisse pas de faire de nombreuses dupes parmi nos compatriotes. Qui dit autonomie dit Séparajh tion—-séparation dans la mesure exigée par la diver-

ration dit le contraire de rapprochement, comme l'admettra Sans conteste M. de la Palisse.

guerres où i] Jui prendre fantaisie de s'engager. La Patrie, Pour sa part, Je Comprend si bien qu'elle répond ainsi # à un groupe de citoyens de Québec qui l'ont prise pour arbitre d'un débat sur le sens de l’ordre du jour du 29 mars :

Nous sommes une colonie autonome.

perd

dinistout pour i ne était a ici vrait nte, rmi araverpame

du Canada NE POURRAIT CONVENABLEMENT REFU- SER A LA GRANDE-BRETAGNE ET SON ARGENT ET SA MILICE, SI ELLE LES LUI DEMANDAIT. Disons, en Passant, que la Grande-Bretagne n'a Pas encore fait un appel direct et formel de secours à ses diverses colonies.

Le Roi est le chet suprême de la milice et de la marine du Canada, d'après les termes mêmes de l’Acte de l'Amérique Britannique du Nord. Il en a le commandement. C'est dire que SI L'ANGLETERRE ÉTAIT ATTAQUÉE, ET SI LA COURONNE JUGEAIT NÉCESSAIRE DE LEVER DES TROUPES AU CANADA, NOUS NE POURRIONS NOUS SOUSTRAIRE A NOTRE DEVOIR. Les autorités fédérales ser aient sans doute consultées, et le parlement autoriserait la formation de régiments canadiens.

Pour échapper à toute obligation envers l'Angleterre, il faudrait rompre le lien colonial.

Un des journaux les plus impérialistes du pays, le Mail and Empire, de Toronto, avait énoncé la même opinion en ces termes :

Il est vrai que les lois constituant et établissant la Puissance du Canada et l’Etat d'Australie sont des Actes du parlement du Royaume-Uni ; il est également vrai qu'il n'existe pas de pouvoir capable de limiter l'autorité législative de ce parlement.

Si le Roi, les Lords et les Communes s'entendaient Pour modifier la constitution de l'Amérique septentrionale britannique de façon à permettre l'emploi et la Possession d'esclaves au Canada, il serait constitutionnel de faire ici des lois établissant l'esclavage. (1)

(1) «ltis true the laws constituting and establishing the Dominion of Canada and the Commonwealth of Australia are Acts

Mais au moins le journal de Toronto avait la décence d'ajouter :

Le parlement du Royaume-Uni ne modifiera jamais titution de l'Amérique septentrionale brita sentement des autorités canadiennes, (1)

De sorte que, après avoir vu au Parlement un ordre du jour plutôt nationaliste soutenu dans des discours follement impérialistes, et des orateurs nationalistes voter Pour un ordre du jour jingoimpérialiste, c'est maintenant dans notre presse soi-disant aufonomisie que nous retrouvons, sans alliage, la vieille théorie de lord North sur le gou-

la consnnique sans le con-

Le Temps d'Ottawa, dit de son côté: ®

Un conflit armé entre l'Angleterre intérêt vital pour le Canada. C'est incontestable, Si notre

Vaincue par une puissance étrangère, que deviendrait le Canada ? Il est vaste comme l'Europe, mais son chiffre de population

of the Parliament of the United Kingdom, and it is equally true that there is no power to limit the legislative Capacity of that arliament. ‘

à passing

to permit the employment and Ownership x À slaves in Canada,

it would thereafter constitutional to make laws establishing

servile labor here.» : (1) «No legislation to amend the British North America Act

Will ever be passed in the Parliament of the United Kingdom

except at the desire of the Canadian authorities.» (2) Edition du 5 avril,

est à peine supérieur à celui de la ville de Londres. Ses richesses ne sont pas sans exciter la convoitise des pays qui l'entourent. Advenant la défaite et la ruine de l'Angleterre, qui protégerait le commerce canadien ?

Le sort du Canada est intimement lié à celui de l'Angleterre. Longtemps encore, il aura besoin de la protection armée de celle-ci et de ses capitaux pour exploiter les immenses richesses dont il dispose.

Et Sir Wilfrid Laurier a eu raison de dire que si l'heure critique venait pour l'Angleterre, le Canada ne devrait reculer devant aucun sacrifice Pour assurer le salut de l'Angleterre, son salut propre et le salut de la liberté civile et religieuse dont il jouit.

N'est-ce pas confesser entre les lignes que nous nous sommes liés, par le vote du 29 mars, à suivre aveuglément la Grande-Bretagne dans tous ses fourragements et toutes ses randonnées ; qu'en remettant virtuellement au gouvernement anglais la haute direction de notre milice et de notre marine (pour la milice, c'était déjà fait depuis un an, bien que personne à vrai dire n'en eût parlé), nous avons adhéré, en matièré militaire, à cette fédération impériale dont les Canadiens-Français, il y a à peine dix ans, ne pouvaient entendre parler sans frémir.

À ce sujet, rien d’instructif comme les modifications que M. Laurier a lui-même apportées au deuxième paragraphe de son ordre du jour après le discours du chef de la gauche, M. Borden.

Le premier-ministre demandait à la Chambre de réaffirmer l'opposition aux contriLutions pécuniaires formulée par les représentants du Canada à la Conférence impériale de 1902.

En 1902, un des délégués du Cap, M. Smartt, émit ce vœu :

La conférence, reconnaissant les services immenses rendus par la marine pour la défense de l'empire et la protection de son commerce, et l'importance capitale de la maintenir à son maximum d'efficacité, considére qu'il est du devoir des colonies d'outre-mer de prendre, au maintien et au développement de la marine, une part à être déterminée par leurs parlements res. pectifs selon la situation de chacune, soit en souscrivant de l’ar. gent, soit en créant une défense navale pour les besoins locaux, soit en rendant tels autres services qu'il aura été convenu avec l'Amirauté, (1

M. Laurier ayant déclaré que le Canada ne pouvait contribuer plus qu'il n'avait fait jusque-là, M. Smartt interrompit :

mme ne

(1) «That the conference recognizing the vast importance of the services rendered by the navy to the defense of the Empire and the protection of its trade, and the aramount importance of us to maintain the navy in the hi hest state of efficiency, considers it to be the duty of the Dominions beyond the Seas to make such contribution towards the up-keep of the navy as may be determined by their local Legislatures, the contributions to take the form of a grant of money, the establishment of local navy defense, or such other services, in such manner, as may be decided upon after consultation with the Adrriralty and as would best accord with their varying circumstances. »

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pécu-

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endus on de à son lonies nt de s res.

> l'ar.

caux,

avec

)Jou-

C'est une pitié, je crois, que nous ne puissions rien décider, Nous avons déjà fait tant de déclarations pieuses, que je souhaiterais que nous fissions quelque chose de pratique. ‘!

A quoi M. Laurier répliqua :

On peut adopter ce vœu s'il réunit la majorité des voix. Pour moi je devrai voter contre. ?

C'était donc quelque chose que la confirmation de celte attitude ; c'était une garantie pour le contribuable canadien.

Dans le texte substitué par M. Borden avec l'assentiment de \*, Laurier, et voté à l'unanimité de la Chambre, on laisse la porte du trésor ouverte à “a métropole pour tous les besoins extraordinaires, et l'on n'écarte plus péremptoirement les contributions « régulières et périodiques ». Cela sans parler des deux derniers paragraphes, avec leurs conséquences évidentes au point de vue militaire et naval. . Tel est le chemin parcouru depuis 1902. Pour « sauver la face » du ministère, dans la province de Québec, on en est réduit à soutenir que les textes officiels disent telle et telle chose, mais que M. Laurier a voulu dire autre chose ; parfois, On va jusqu'à nous assurer qu'il a délibérément TN EN

(D) «E think it is a pity that we cannot do something. We ave done so much in the way of pious affirmation that I am anxious that we should do something of a practical character.»

(2) «It can be passed if there is a majority. For my part I must vote against it,»

trompé la métropole : voilà un compliment qui doit lui faire plaisir !

Naturellement, pour la presse ministérielle canadienne-française, et pour les journaux indépendants mais impérialistes, comme la Patrie, les accès de rage francophobe du Toronto T, elegram sont un précieux argument ; la Preuve que Laurier a roulé les impérialistes, c'est qu'ils ne sont Pas contents !

De même que le Soleil chanterait plus fort que jamais les victoires de l'idée autonomiste si M. Laurier réalisait en lout point les désirs du colonel Denison, de même M. Laurier ferait offrir un

ques autres de moindre importance, c'est qu'il abdique publiquement, formellement, sa qualité de Canadien-Français.

Mais il y a d'autres journaux impérialistes, au Canada, et de moins bêtes que celui-là. Et que disent-ils ?

Le Globe, cui demandait le don gratuit de deux dreadnoughts par le Canada, est enchanté de l'ordre du jour du 29 mars.

Les deux questions réglées définitivement par le débat sur la proposition Foster, disaitt-il sont que le Canada, en

tant que les deux groupes parlementaires peuvent parler pour lui, est prêt à assumer sa part du fardeau de la defense navale

de l'empire, et qu'à cette fin il établira, s’il le faut, une marine de guerre canadienne.

Le plan du gouvernement est de consulter les autorités impériales sur les mesures à prendre pour donner à la flotte impériale l’aide la plus effective possible... Là-dessus, les avis sont presque unanimes. Les partisans du paiement d’un tribut en argent sont peu nombreux, et sir Wilfrid Laurier a fortement ébranlé leur thèse. .… Le premier-ministre a démiontré que lui et ses collègues avaient arrêté à la Conférence impériale de 1902 leur politique touchant la défense de l'empire. Il admet que la partie navale du programme est restée lettre morte, bien qu'on n'ait pas renoncé au principe ni renié les obligations acceptées à cette Conférence. Nous nous sommes occupés depuis à des œuvres de paix ; aujourd'hui, les événements nous pressent, et le premier-ministre se propose de consulter l'Amirauté impériale pour la défense navale comme on a consulté les autorités militaires pour l'rganisation de nos forces territoriales. La politique énoncée par le premier ministre rencontrera l'approbation générale.

On n’est pas unanime sur la nature précise des mesures à prendre, mais on est unanime à demander qu’une aide éclatante soit fourmie à la métropole. . . (1)

(1) « The two points that the debate on Mr. Foster’s resolution definitely settled were that so for as both parties in Parliament are concerned, Canada is willing and ready to bear her pepe share in the naval defence of the Empire, and to do soifn shall be Canadian.

{ The Government's plan is to consult with the Imperial authorities for the purpose of ascertaining what measure

under these conditions would be of the greatest aid to the

€...There is an almost complete unanimity of opinion as to this. The advocates of a contribution are few, and Sir Wilfrid Laurier was able to make a strong case against them …

Le World, qui fut dans la presse canadienneanglaise l’un des premiers apôtres de la fédération impériale, disait :

Il n’y a pas de doute que l'annonce du cadeau d’un ou deux dreadnoughts eût été une façon théâtrale de montrer à l’univers que les groupes britanniques sont unis pour la défense de l'empire, et que cette mesure n’eût pas été différée si l’occasion l'eût réellement exigée. Mais, après tout, un acte isolé de cette nature ne résout pas le problème de la défense impériale, pas plus qu'il n'aurait eu l'effet permanent que peut seule avoir une politique bien mûrie de coopération. (1

On lisait le 31 mars dans le Hamilton Spectator, qui est dans la presse le Croquemitaine du torysme

« The Premier was able to show that he and his colleagues had mapped out their course as to defence at the Conference in 1902. He admitted that as to the naval part of it nothin had been actually done, although the principles adopted ha not been abandoned nor the obligation lost sight of. We had been engaged in the works of peace. Events threaten to hasten our hand, and the Premier proposes in the case of the navy to consult the British naval authorities, just as the war authorities had been consulted in regard to our land forces. The course the Premier outlines will commend itself generally.

«There is no unanimity of opirion as to what particular course should be taken, while there is unanimity in demanding that something strikingly helpful should be undertaken...»

(1) « No doubt the announcement of the gift of one or two Dreadnoughts would have been a spectacular method of showing the world that the British communities stand together in defence of the Empire, and if the occasion had really rendered that step necessary it would not have been withheld. But. after all, an isolated act of this kind does not solve the problem of Imperial defence, nor would it have the permanent effect which the adoption of a well-considered policy ot co-operation can alone achieve. »

et du jingoïsme, et que l’on ne nomme qu'en tremblant, dans la plupart des foyers de la Province de Québec :

Ce vote du parlement canadien en faveur d'une reconnaissance immédiate des responsabilités de notre pays relativement à la défense navale de l'Empire en temps ordinaire, ne doit pas être regardé comme Je dernier mot de la question. C'est seulement en supprimaui le dernier paragraphe qu'on peut interpréter ainsi la résolution; ce dernier paragraphe contient la promesse très catégorique que, dans un cas de nécessité particulière, notre pays n'hésitera pas à assumer les obligations que lui imposeront les circonstances. (?

L'opinion des impérialisies avisés, de ceux qui ne se laissent pas détourner du but par leurs antipathies de race, elle ‘est tout entière exprimée par ces trois journaux, l’un libéral, les deux autres torys ; dans la presse comme au parlement canadien, les lignes de partis s’effacent ; entre jingos, on est unanime à reconnaître que nous ne sommes plus aujourd’hui où nous étions hier, et qu'en suivant à la lettre le programme que nous venons de

(1) « The fact that the parliament of Canada has declared :itself to be in favor of a speedy recognition of this country's responsibilities in the matter of ordinary empire naval detence should not be taken to mean that this is Canada's last word on the subject. Only by ignoring the final paragraph of the resolution adopted by parliament could it be so construed, for in that final paragraph a most positive pledge is given that in case of Peer à need this country may be depended upon to do whatever shall be necessary at the moment to meet the situation. » .

24 FEUILLES DE COMBAT à

nous tracer, nous nous éloignerons encore davantage des principes qui ont guidé dans le passé notre vie nationale. ‘!

Mais nous avons marché depuis 1898. Les journaux canadiens-français ont dit si souvent, pour expliquer notre échauffourée sud-africaine ou pour excuser d'avance d'autres folies semblables, qu'une colonie «n'a pas le droit de refuser des secours à la métropole en danger» et qu'il faut

bien «essayer de concilier les obligations de l’état Re

(1) Depuis la composition de cet article, j'ai mis la main sur une dépêche parue dans les journaux canadiens le 30 mars et disant que toute la grande presse anglaise est enchantée du «loyalisme» de nos législateurs.

Cette dépêche se lisait ainsi :

Lonpres, 30 mars (C. A. P.).—La politique navale canadienne reçoit l'approbation unanime de la presse. Le Morning Post y vait une occasion exceptionnelle pour la diplomatie impériale. Le Standard dit que Laurier n’adresse pas ses paroles à Ottawa seulement, ni même à Londres, mais aux autres capitales, où, peut-être, elles seront plus inattendues et mcins bienvenues. Le Mail dit : « Les paroles de Laurier ne -*ront pas oubliées. » Le Graphic : «Au point de vue purement stratégique, l'attitude prise par la Nouvelle-Zélande est sans doute très recommandable, mais les intérêts politiques militent fortement pour la politique où le Canada est définitivement engagé.» L'Express : « Ce débat est la preuve éloquente que le Canada prend conscience de ses responsabilités.»

ar là encore, on voit qu’il n'y a qu'une maniére d'interpréter la déclaration de notre parlement, dans les journaux

LA

a —— de parti n’oblige pas au mensonge perpétu-|!.—

colonial avec la défense de notre autonomie», que même parmi nos compatrioles, aujourd'hui, des masses de Joseph Prud'hommes répètent ces niaiseries machinalement, sans se demander ce que nous devons en réalité à l'Angleterre, ni quels sacrifices la nouvelle politique nous :mposerait. Cette absence de raisonnement, pour déplorable qu’elle soit, ne sur,;r-nd pas chez le Canadien anglais, qui non seulement n'est pas séparé de sa patrie d’origine, comme nous le sommes de la nôtre, par trois siècles de vie autonome, mais qui, la plupart du temps, a laissé en Grande-Bretagne plus de parents et d'amis qu'il n’en compte de ce côté-ci de l'océan. Elle ne s'explique ni ne s'excuse chez une race dont toutes les aflections comme tous les intérêts se limitent à la patrie canadienne.

Sommes-nous un fardeau pour la métropole ?

Est-ce pour nous ou pour elle que la Grande-Bretagne augmente constamment ses moyens de défense. . .et d'attaque ? Si le Canada disparaissait demain, dans quelle mesure le gouvernement impérial pourrait-il réduire son budget militaire ?

D'autre part, quelles obligations morales avonsnous envers la Grande-Bretagne ? Retirons-nous de sa protection, à l’heure actuelle, quelque avantage dont nous devions lui être reconmaissants ? Et en admettant que l’état colonial ait pour nous

ses avantages, ne comporte-t-il pas aussi ses désavantages ?

Voilà les questions qu'il faut se poser à propos de la défense navale, et auxquelles on me permet- .tra de répondre sommairement pour le compte des journalistes qui, sur ce sujet comme sur tant d'autres, sont incapables d’une idée personnelle. +, Quand on a dit que l'habitant de la Grande- Bretagne paie $3.60 par année pour la défense navale, et le Canadien 40 cents, on n’a rien prouvé en faveur de la thèse impérialiste, car la situation des deux pays n’est pas la même. Notre commerce extérieur pourrait être paralysé pendant plusieurs années sans danger immédiat pour notre existence nationale—et si ce n'est pas un argument contre toute défense, cela milite du moins contre des armements excessifs. - En Angleterre, au contraire, il n'y a presque pas d'agriculture ; la terre est tenue en chasses et en pâturages par la noblesse, le commerce extérieur constitue toute la vie économique de la nation, et le pays pourrait être réduit à la famine en six semaines. Cela est si vrai que M. Balfour n'hésitait pas à déclarer, au cours dela première campagne chamberlainiste, il y a six

ans, que même si elle perdait toutes ses colonies

la métropole ne pourrait se passer d’un seul de ses vaisseaux de guerre. Le contribuable anglais gémit sous l'impôt, et cela est d'autant plus naturel que

ses

opos met- > des tant le.

nde-

ense Ju vé tion erce eurs ence ntre des rire, est sse, )nOduit que le la six nies ses mit

que

LA DÉTENSE NAVALE 27

le régime économique qui l'oblige à payer annuel!lement $3.60 par tête pour la défense navale lui arrache en même temps, au profit de quelques milliers de parasites, —parmi lesquels tous les lords impérialistes, y compris les Grey, les Minto et les Sutherland,—un tribut annuel de SEPT CENT ciN- QUANTE MILLIONS DE PIASTRES . Mais puisqu'il est satisfait de ce régime, c’est à lui, et non pas à nous, d'en supporter les conséquences.

Ou si l’on préfère envisager les faits en eux-mêmes, sans remonter aux causes, quel intérêt avions-nous, par exemple, en Afrique australe? Quel intérêt avons-nous aujourd'hui en Turquie ou dans les Balkans ? Quel intérêt aurions-nous demain dans l'Inde, advenant une autre insurrection—une insurrection qui, selon toute probabilité, serait pour l’Angleterre une affaire autrement grave que la guerre sud-africaine ? De quel droit encore, et au nom de quel principe, veut-on nous faire intervenir contre l'Allemagne dans une guerre où il n’y aurait en jeu que l'intérêt sordide des boutiquiers du Royaume-Uni? Est-ce sur nous que l'Allemagne pointe ses « dreadnoughts » ? Est-ce pour nous, ou pour elle, que l'Angleterre construit les siens ?

Il y a deux ans, la Conférence de la Haye fut saisie d'une proposition tendant à interdire aux

(1) Chiffres cités par Michael Davitt dans un discours aux ouvriers de Londres, aux dernières élections générales.

bélligérants les saisies de propriété privée sur mer comme sur terre. Il ne tenait qu'aux puissances de faire disparaître ainsi l’un des effets économiques les plus terribles de la guerre: on aurait pu continuer de bloquer les ports, mais le commerce entre particuliers n'aurait pas été autrement entravé. Les délégués anglais combattirent cette proposition parce que, avaient-ils l'impudence de déclarer, l'Angleterre était assez forte pour protéger son commerce et détruire celui de ses ennemis. C'est devant cette menace que l'Allemagne a jugé prudent d'accélérer ses armements; l'Angleterre est aujourd'hui victime des méfiances éveillées par sa rapacité et son arrogance.

La légende que nous sommes un fardeau pour la métropole a donc assez duré. |

Il est temps aussi d'examiner quelle protection nous pourrions attendre de la marine britannique.

Depuis quelques années, M. Leacock, professeur & 1'Université McGill, et deux ou trois autres compères, travaillent à nous convaincre que la métropole nous a défendus contre les Etats-Unis du mieux qu'elle a pu. S'ils veulent parler des voies diplomatiques, ils ont peut-être raison ; je note seulement que M. Ganong, qui émit cette opinion le premier il y a cinq ou six ans dans le New- Brunswick Magazine, à propos du traité de 1842

e sur puiseffets : on ais le autretirent dence protéemis.

jugé terre s par

pour

ction que.

sseur cométro- du oies note nion Veuwv-

concernant la frontière du Maine, avait, contrairement à ceux qui ont repris ses conclusions, la probité de déclarer que les concessions de lord As'burton étaient LA CONSÉQUENCE FATALE DES CON- VENTIONS SIGNÉES PAR L'ANGLETERRE APRÈS LA GUERRE DE 1775. En out cas, si quelqu'un peut invoquer cette aide diplomatique à l'appui de ta résolution du 29 mars, ce n'est certainement pas M. Laurier, qui disait en 1903, au cours du débat sur le projet de construction du Transcontinental] :

Si l'on pouvait construire un chemin de fer allant en ligne directe de Lévis à Moncton, je crois, sans vouloir exagérer, qu'il serait passible d'abréger la distance de tout près de moitié, mais par malheur, je le déclare franchement à la Chambre, il n'est pas possible d'avoir une ligne absolument directe, et si vous en cherchez la raison vous la trouverez en jetant un coup d'œil sur la carte; vous la trouverez dans la maladresse que la diplomatie dritannique a commise en réglant notre frontière par le traité Ashburton- Webster. (1)

S'ils veulent parler des moyens militaires, nos bons impérialistes se moquent de nous, tout sim-

(1) «lfit were possible to have a line of railway in a direct course : ‘om Levis to Moncton, it would be possible, ! believe, withuat any exaggeration, to abridge the distance almost one-half, but unfortunately, and } say it frankly to the

ouse, it is not possible to have an absolutely direct line, and if you would know the reason you will find it in a glance at the may, and Le will find it in THE BLUNDER WHICH WAS MADE BY BRITISH DIPLOMACY IN SETTLING

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