trois (57-97 sauf
i. Peletier avait déjà dit en i 545 (dédicace de sa traduction de
VArt Poétique d'Horace) : « Partant ne puis non grandement louer
plusieurs nobles espriz de notre temps, lesquelz se sont étudiez
a faire valoir notre langue francoise, laquelle n'a pas long temps
commença a s'anoblir par le moien des Illustrations de Gaule et
singularitez de Troie, composées par Jan le Maire de Belges,
excellent historiographe francois, et digne d'estre leu plus que
nul qui ait écrit ci davant. » Après Peletier et du Bellay. Pasquier
à son tour portera ce jugement, Rech. de la Fr. VII, v : « Le
premier qui à bonnes enseignes donna vogue à nostre poésie, fut
Maistre Jean le Maire de Belges, auquel nous sommes infiniment
redevables, non seulement pour son livre de Vlllustralion des
Gaules, mais aussi pour avoir grandement enrichy nostre langue
d'une infinité de beaux traicts, tant en prose que poésie, dont les
mieux escrivans de nostre temps se sont sçeu quelques-fois fort
bien aider. » (Édit. de i723, I, col. 699.) Le fait est que, si Jean
Lemairc a rendu service à Marot en lui enseignant l'art des coupes
féminines, ainsi que nous l'apprend la préface de VAdolescence
Clémentine (1532), c'est à la Pléiade surtout qu'il a frayé la voie.
Nous verrons plus loin ( chap. vni, p. 272) du Bellay copier tout un
passage des Illustrations. Si l'on en croit Binet, Ronsard en sa
jeunesse avait lu Jean Lcmaire à l'égal du Roman de la Rose.
D'après Pasquier, c'est à son devancier qu'il doit « les plus riches
traits de cette belle hymne qu'il fît sur la mort de la roine de
Navarre » (1551 ). 11 lui devra bien davantage pour sa Franciade,