‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 412 sur 449 · Parce qu'ils sont, bien plus que nous, fils des Latins · texte numérisé non relu

Parce qu'ils sont, bien plus que nous, fils des Latins

4. Pierre Bembo ( 1470-1547 ), natif de Venise, secrétaire du pape Léon X, qui le fit cardinal, admirateur passionné de Ciçéron,

poussait si loin, dit-on, le culte de la belle latinité qu'il s'abstenait de lire les Épîires de saint Paul dans la peur de gâter son style. L'excès même de son cicéronianisme — qui, n'admettant pour le latin aucun mélange corrupteur de sa pureté, le condamnait à demeurer une langue morte, incapable de s'enrichir, et partant d'exprimer aucune idée nouvelle — le conduisit à restaurer à côté du latin la langue nationale. Contre les « latineurs » de son époque, il écrivit une « deffence » de l'italien dans ses Prose Toscane, ouvrage publié seulement en 1525, mais commencé dès 1502. Luimême joignit l'exemple au précepte : non content de traduire en italien son Histoire de Venise, rédigée d'abord en latin, il élut Pétrarque pour son maître de poésie, et dans ses Rime, il s'attacha scrupuleusement à l'imiter, lui prenant ses idées et son art, ses expressions et ses tournures, et jusqu'à ses défauts : il fut par là, dans l'Italie du x\i* siècle, le fondateur de celte école de poésie amoureuse qu'on appelle l'école pétrarquiste,

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