‹ La définition de la philosophie:Chapitre 4 sur 44 · PRÉFACE XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIII

minisme absolu de tous les phénomènes, qui est un caractère commun au matérialisme et à l'idéalisme, et la philosophie de la liberté qui est le caractère spécifique du spiritualisme. Cette dernière doctrine est la seule qui, en plaçant la liberté dans le principe du monde, puisse faire place au libre arbitre de l'homme qui est le postulat de l'ordre moral.

22. De même que la méthode scientifique accepte la part de vérité de l'empirisme et du rationalisme et la dégage des erreurs de ces deux méthodes incomplètes, de même le spiritualisme fait la part des éléments vrais du matérialisme et de l'idéalisme, et les dégage des erreurs de deux systèmes qui, en méconnaissant des faits de première importance, deviennent faux par leur exclusivisme. Le spiritualisme réunit les membres disjoints de la vérité, non pas dans un éclectisme sans principe de choix, mais dans une synthèse s'appuyant sur une vue ferme de la vérité.

23. L'opposition si souvent affirmée entre la philosophie et la religion se trouve détruite par une vue juste du rôle de l'hypothèse dans la formation de la science. Celles des doctrines contenues dans la tradition religieuse qui répondent aux grandes questions posées par l'esprit humain entrent de

XIV PREFACK

plein droit dans la science comme des hypothèses à examiner. Si le résultat de Texamen est favora:bIe, on constate l'harmonie de la science et de la religion. On constate une opposition si le résultat de Texamen est défavorable ; mais ce n'est point la philosophie en général, mais seulement telle philosophie, qui est opposée aux croyances religieuses.

24. L'histoire de la philosophie révèle un cours général de la pensée qui, avec des fluctuations et des remous, se dirige vers le spiritualisme, qui est la philosophie vraie dans laquelle s'accordent les grandes traditions doctrinales du monde chrétien et les libres recherches de la pensée.

Tels sont, sommairement exposés, les résultats principaux de mes études. Les personnes qui connaissent l'histoire de la pensée humaine et l'état des discussions contemporaines, pourront constater dans quelle mesure les affirmations formulées dans les thèses précédentes s'éloignent des opinions les plus répandues. La plupart de ces affirmations se trouvent contenues dans les écrits que j'ai publiés et dans les pages qui suivent cette préface ; mais pour acquérir toute la valeur qu'elles peuvent avoir, elles auraient besoin d'être reproduites dans un

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