PREFACE XV
travail d'ensemble qui les coordonnerait, les compléterait, et montrerait leur lien avec la définition proposée de l'idée de la philosophie.
J'ai été conduit une fois à faire ce travail, mais d'une manière très élémentaire. En 1870, à la demande du gouvernement genevois, j'ai consacré dix leçons d'un cours public à exposer la nature et la méthode de la philosophie, les différents systèmes qu'elle a produits et les rapports de ces systèmes avec les sciences, le développement de la société et la religion. Ces leçons, rédigées après leur exposition orale, et qui, dès lors, ont été souvent revues, corrigées et utilisées pour des articles de revues, sont en état d'être publiées. Mais c'est un cours destiné au grand public et qui n'aborde pas les questions avec les développements nécessaires pour répondre aux exigences d'une exposition sérieusement scientifique. J'avais conçu le projet d'une exposition de cette nature ; je désirais publier un cours complet de philosophie réalisant l'idée que je me suis faite de la reine des sciences. Le volume que le lecteur a dans les mains n'est que l'introduction à ce grand travail. C'est, pour user d'une comparaison, la façade et la porte d'entrée d'un édifice intellectuel. Pour la construction de cet édifice j'ai rassemblé bien des