PASTEUR
Chimiste français,
uè à Arboit (Jura).
Fac-similé d'une plaqnette de Roty.
Musée du Luxembourg, à Paris.
est certain, par exemple, que celles de M. Bertillon, qui sont cependant des mesures biologiques, ne sont pas fécondes et n ont aucune chance de le devenir jamais.
— Vous abandonnez «donc votre première opinion, dit le président ; je crois que vous avez voulu « nous faire marcher », comme on dit dans Targot, qui est devenu aujourd'hui le langage de la bonne société. Vous ne voulez plus mettre M. Bertillon auprès de Lavoisier et de Pasteur.
— M. Bertillon a eu la modestie de tirer de la science cantonale appelée anthropométrie uniquement ce qu'elle pouvait donner; il a été moins ambitieux que Broca, qui a cru que ses mesures de crânes lui révéleraient directement rhistoire de Thomme ; mais Tanthropométrie est une chose faite et bien faite ; ce n'est pas la faute de son auteur, qui, d'ailleurs, ignorait peut-être l'énergétique, si ce petitcanton doit rester isolé de la grande république scientifique. Quand Ilaoult a fondé la Cryoscopie, la science qui permet de calculer le poids moléculaire des sels d'après la température à laquelle se congèle une solution aqueuse de ces sels, on a pu croire aussi d'abord que ce serait là un canton isolé de la science ; et cependant, il n'en a rien été; il est vrai que les raisonnements par lesquels Raoult était arrivé à sa découverte devaient suffire à faire prévoir qu'elle se rattacherait immédiatement aux autres conquêtes de la physique et de la chimie; mais M. Bertillon, quoique ayant fait une œuvre isolée, a fait une œuvre scientifique, puisqu'il a employé des mesures précises.
— Vous avez un faible pour les mesures, dit M. Gaudet. Je vois bien au fond que, de tous les caractères de la science, c'est celui-là qui vous est le plus cher, et en effet je trouve que l'homne a décuplé sa puissance en créant les instruments de précision. Je me demande cependant comment vous ferez concorder cette opinion avec votre amour de la biologie ; mais il se fait tard et vous, campagnard, devez comprendre qu'on aime à se coucher de bonne heure ; je suis pour ma part assez
LA DEFINITION LE LA SCIENCE 9i
fatigué, et je crains de ne pas dormir aisément; vous avea ébranlé certaines convictions d*ordre métaphysique sui lesquelles je me reposais depuis fort longtemps, et je ne sais pas si je ne regretterai pas un jour notre conversation d'aujourd'hui; vous me faites penser à cette parole amère d'un littérateur moderne : « Ce qu'il y a de terrible quand on cherche la vérité, c'est qu'on la trouve! »
— Je suis moins timoré que vous, dit M. Escudier; dusseje perdre quelques nuits de sommeil, je veux secouer les préjugés qui me sont les plus chers, si on me montre que ce sont des préjugés.
— C'est que vous êtes jeune, répondit le professeur ; à mon âge on n'aime plus beaucoup à changer son fusil d'épaule; le pli est pris.
TROBSÎÈKE PARTIE Méthodes et procédés de mesure*
ON a cru devoir rappeler succinctement ici quelquesunes des plus célèbres et des plus curieuses méthodes de mesure, et leurs applications à la science et à rindustrie. Ces méthodes de mesure ne seront pas classées d'après la nature de l'objet à mesurer, mais d'après la manière dont les mesures sont exécutées, et d'après les principes physiques sur lesquels elles sont basées. On distinguera naturellement trois grandes catégories de mesures : les mesures directes, les mesures indirectes, et les mesures qui se font par la méthode graphique.