‹ La dégradation de l'énergieChapitre 1 sur 124 · ÉNERGIE RICHESSE ET ÉNERGIE NON-VALEUR · texte numérisé non relu

ÉNERGIE RICHESSE ET ÉNERGIE NON-VALEUR

Dans un des dialogues de Socratë que Xénophon nous a conservés, on voit le philosophe poser à son disciple Critobuie une série de questions sur la valeur et la richesse, avec cet art de faire trouver à 6on interlocuteur lui-même la réponse juste, qui caractérise la manière de Socrate :

— Tbtit ce qu'on possède n'est pas nécessairement Une richesse : « Dirons-nous que les ennemis, que nous avons, font partie de nos possessions? » Et serrant de plus près le problème de la définition de là richesse, Socrate poursuit :

« Tu m'as l'air d'appeler possession ce qui est utile à chacun. — C'est cela 'même, dit Critobuie, car ce qui nuit je l'appelle perte plutôt que richesse. — Et si quelqu'un achetant un cheval, sans savoir le mener, tombe et se fait mal, ce cheval ne sera donc pas une richesse?... N'en diras-tu pas autant des brebis? Quand un homme qui ne sait pas en tirer parti éprouve une perte, les brebis sont-elles pour

lui une richesse? — Pas du tout, selon moi. — Ainsi, à ton avis, ce qui est utile est une richesse et ce qui est nuisible une non-valeur? — C'est cela. — La même chose, pour qui sait en user, est donc une richesse, et une non-valeur pour qui ne le sait pas. Ainsi, une flûte, pour un homme qui sait bien jouer de la flûte, est une richesse, tandis que pour celui qui ne sait pas, elle ne lui sert pas plus que de vils cailloux, à moins qu*il ne la vende. — Oh! alors, si nous vendons la flûte, elle devient une richesse; mais si nous ne' la vendons pas et que nous la gardions, c'est une non-valeur pour qui n'en sait point tirer parti 1 . »

S'il était né quelques siècles plus tard, Socrate eût sans doute posé à son disciple la question suivante :

« Et dirons-nous aussi, Critobule, que Yénergie est une richesse? » Peut-être Teût-il amené ainsijà réfléchir, et à soigneusement distinguer les idées très différentes qui sont généralement confondues sous ce terme commun d'énergie.

Les principes très simples posés dans Y Économique eussent suffi, tout d'abord, à confondre l'avocat facétieux qui, devant je ne sais quel tribunal, soutenait que son client n'avait volé personne et commis aucun délit en établissant, avant le compteur, un branchement sur une distribution électrique, de manière à emprunter l'électricité nécessaire pour éclairer ses lampes sans la payer. « Mon client, disait l'avocat, n'a pris que de l'électricité. L'électricité n'est pas une matière ; il n'a pas commis un vol. Pratiquée sur une distribution de gaz d'éclairage, la même opération ingénieuse était, sans nul doute, une fraude. Mais l'électricité ne rentre pas dans les objets que vise le Code. »

Le tribunal n'admit pas cette façon de voir; il

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