Préface des Principes
tions de l'Ecole, fondées sur les « qualités occultes » et les a formes substantielles » :
« Que si vous trouvez étrange que, pour expliquer ces éléments, je ne me serve point des qualitez qu'on nomme Chaleur, Froideur, Humidité, Sécheresse, ainsi que font les philosophes : je vous diray que les qualitez me semblent avoir elles-mêmes besoin d'explication, et que, si je ne me trompe, tant ces quatre que toutes les autres, et môme les formes des corps inanimez peuvent être expliquées, sans qu'il soit besoin de supposer pour cet effet autre chose en leur matière que le mouvement, la grosseur, la figure et l'arrangement de £es parties *. »
La critique de Descartes a si bien porté, que c'est devenu un lieu commun de plaisanter les qualités occultes et les formes substantielles. Peut-être seraitil assez amusant de rechercher si quelques-uns de ceux qui traitent avec le plus grand dédain la science anlécartésienne ne sont pas les premiers à faire intervenir parfois des propriétés qui ressemblent, à s'y méprendre, aux « qualités occultes ». Qui oserait affirmer qu'il n'y a pas, dans le langage de certains représentants de la médecine actuelle, des « explications » qui rappellent de très près la « vertu dormitive » de l'opium ?... Aussi bien, le mal n'est pas d'employer un mot précis, fût-il nouveau, et fût-il barbare, pour désigner une « qualité » qu'on a reconnue à un phénomène ; le mai n'est pas davantage de choisir ou de créer ce mot sans attendre d'avoir trouvé une explication à cette qualité, c'est-à-dire de lavoir réduite à une autre. Le mal serait de s'imaginer qu'un mot est, à lui seul, une explication, et de se trouver avoir épuisé les ressources de son esprit après avoir fabriqué un mot. Ce fut le travers des