E=NIE
Elle provient d’un certain mode de vie en marge de la législation, provoqué par le besoin d'acquérir des choses immédiatement nécessaires, ou à constituer des réserves. (Ceci fut particulièrement marqué dans les pays où la misère alimentaire fut la plus grande, notamment en Pologne et en Hongrie). Pour se les procurer on à recours au « marché noir » si le marché normal ne peut les fournir, sans se préoccuper de la provenance ou du prix des articles. Généralement les prix sont élevés, donnant de gros bénéfices à ceux qui les pratiquent, grâce à la demande aveugle dont ils profitent; l’exemple est vite donné et c’est ce qui explique que l’on ait pu voir des adolescents, lycéens ou autres pratiquer le marché noir. La désorganisation familiale dont nous parlions plus haut, augmente encore ce mouvement par une sorte de complicité tacite (quand ce n’est pas davantage), envers le « Système D »; et ce qu'avant-guerre on appelait « vol » est alors accepté, voire justifié par la misère.
3° Désorganisation de la vie sociale.
Elle est un prolongement de la désorganisation familiale. Du fait de la guerre, les écoles ont été réquisitionnées pour faire des hôpitaux ou des entrepôts, ou détruites. Le personnel enseignant à diminué en nombre du fait de la mobilisation. D'où une discontinuité dans l’enseignement, très nuisible aux enfants qui auraient pu justement trouver là le complément à la mauvaise éducation reçue chez eux. Là encore les conséquences en sont « l’absentéisme scolaire ».
Lors des attaques ou des bombardements prolongés, les enfants étaient soumis à une tension nerveuse intense, source de dépression morale ultérieure. Dans certains endroits particulièrement exposés, la vie a dû s'organiser dans les abris, les caves, où régnait une promiscuité dangereuses avec les adultes des deux sexes. Par la suite, les destructions d'habitations ont eu les mêmes inconvénients.
Dans certains pays, et même en France, des législations hâtives, le fonctionnement interrompu ou perturbé pendant plus ou moins longtemps des Forces de Police ou des Tribunaux n’a pas été pour rien dans la mise à profit des occasions qui se présentaient aux délinquants. De nombreux mineurs condamrés étaient laissés en liberté faute de place dans les maisons c’éducation, aussi les récidives furent-elles beaucoup plus fréquentes qu’au cours des guerres précédentes.
Enfin, la multiplication des maladies de toutes natures, habituelle à toute guerre résultant souvent de la misère alimentaire, et la difficulté d'une thérapeutique rationnelle ont diminué sensiblement la résistance morale.
4 Participation des mineurs à la guerre.
Elle s'est effectuée soit sous la direction des occupants dans des formations spéciales dont nous reparlerons plus loin, soit dans les maquis. Au milieu de ceux-ci, à force de côtoyer l'illégalité, de voir le peu de cas fait des vies humaines, d'aider ies adultes à voler ou à piller en bravant la police pour un idéal, l'enfant ne sait plus très bien où se trouve le droit chemin. Il ne faut pas s'étonner alors que certains aient fim comme des bandits, en Pologne, par exemple, ou que l'on en ait vu se réunir en bandes pillardes errant dans les campagnes, analogues aux « Cesprizorny » russes de 1918, puis se fixer autour des grandes villes d'où ils furent finalement dispersés.
5° L’occupation étrangere.
Elle a surtout permis l'enrôlement des jeunes dans des formations militaires ou semi-militaires. En France, ce furent plutôt des adultes ou des adolescents âgés qui s'enrôlèrent dans la Milice ou la Légion antibolchevique. Au contraire, dans des pays qui, déjà avant la guerre, étaient soumis plus que le nôtre à la propagande nationale-socialiste, les délits politiques commis par des mineurs furent plus nombreux: c'est le cas des Pays-Bas, et des statistiques néerlandaises montrent que ces enfants appartiennent pour les 3/5 à des familles nationales-socialistes, pour les 2/5 à des familles patriotes dont ils s'échappaient pour les mêmes raisons que celles que nous avons étudiées dans les causes familiales en général.
D'aure part le fait de voir l'esprit de rapine et de pillage du soldat en campagne, les multiples occasions de voler sans gros risques (maisons abandonnées ou détruites), incitaient les jeunes gens à s'approprier le bien d'autrui. Pour les jeunes filles, la délinquance à consisté dans la prostitution avec les soldats des occupants successifs, soit par sentimentalité excessive, Soit par goût du luxe que pouvaient leur procurer leurs gains, soit par misère.
6" Idéologies politiques contraires à l'esprit national.
La plupart des enfants n'ont pas de conception politique
ee
propre; ils ne se sont ralliés à l’idéologie nazie que parcequ'elle jeur apportait à un moment une certaine gloire et la satisfaction de la plupart de leurs besoins. De fausses doctrines les incitaient au combat, au meurtre ou à la délation et l'on cite des cas où l'enfant a dénoncé son père qui ne partageait pas les mêmes opinions que lui.
Enfin, il faut considérer la situation difficile des enfants israëlites obligés de se cacher pour éviter ‘a Gestapo qui les recherchait au nom de cette idéologie. D'où s’ensuivirent des troubles psychologiques, l’habitude prise de dissimuler, d’avoir un faux nom. Pour ceux qui furent déportés, la réclusion et les nécessités immédiates les ont rendus primitifs, avec des réactions grégaires sans contrôle de leur instinct.
Ce dernier groupe n’est pas des moindre pour l'empreinte profonde qu'il a laissé dans l'esprit des mineurs aussi bien que pour la difficulté qu’il offre à la rééducation. « Punir ne sert ici de rien, l’âme égarée dans la fausse idée de son innocence, se refuse aux influences bienveillantes;, le mal aigu devient
chronique ». (M. P. Nemeth, Conseiller à la Cour de Cassation de Budapest).
? D 3] Ent
Fate
af sis sg 1
“sit. » S N. |