‹ La délinquance juvénileChapitre 17 sur 32 · EXAMEN PSYCHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

EXAMEN PSYCHOLOGIQUE

Ii demande un examen plus approfondi, car enfin nous sommes en présence d'enfants délinquants c’est-à-dire en conflit patent avec la Société en raison d'un conflit latent plus mélé aux autres aspects de l'existence, qu’il reste au psychologue à découvrir. Mais quelle méthode employer? Comment se faire une opinion sur les troubles du comportement de tel garçon?

Nous citerons pour mémoire la méthode du comportement ou « Behaviorisme » préconisée par Thornyke et Watson, basée sur le fait qu'un comportement est toujours le résultat d'une réponse à un stimulus. Mais cette méthode est d'une application très difficile.

Egalement scientifique, mais plus pratique est la méthode des tests, permettant d'apprécier le rendement net de toute aptitude dans des conditions identiques établies d'avance pour tous les sujets. Ces tests furent employés pour la première fois par Cattell surtout pour les fonctions motrices et senSorielles (ce sont elles dont nous avons parlé plus haut au sujet de rexamen médical), mesurant la coordination motrice, la précision manuelle ou telle acuité d’un appareil sendoriel quelconque. -

Mais c'est à Binet que l'on doit l'emploi de tests relatifs à l'intelligence: appréciation du niveau global du sujet à l'aide des méthodes Binet-Simon ou de Stanford-Terman, questionnaires permettant d'étudier le caractère, matériel spécial pour l'appréciation des performances. Cependant, aussi bien établi ail puisse l'être, un test peut dépendre d'autres valeurs variables selon les sujets, et de plus il doit être étalonné. Aussi a-t-il fallu établir le test d'âge. On détermine ainsi le quotient intellectuel du sujet, c'est-à-dire le rapport de son

ge mental à son âge physiologique ou réel, qui permet de le classer dans des courbes graphiques.

Plus proprement psychologiques, et nécessitant une pénétration plus vive du caractère sont les techniques psychanalytiques utilisant les associations d'idées, les rêves, les interprétations imaginatives d'images, des dessins, etc. A côté d’el- :es des renseignements utiles peuvent être également donnés par la graphologie et la psychomorphologie, c’est-à-dire la psychologie basée sur l'étude des formes corporelles.

Evidemment, il en est de la psychologie comme de la médecine en général, le laboratoire ne suffit pas. Tous les examens précédemment décrits n’acquièrent leur pleine importance que c’ils sont reportés dans le cadre de la clinique. Comme le dit le Docteur Lafon « un des temps essentiel de l'étude de l’enfant, est l’accrochage, où il faut aller à partir du simple contact sensori-moteur et intellectuel jusqu’au contact affectif ». Mais cette méthode est essentielle personnelle et ne vaut que ce que vaut l’observateur lui-même; des comparaisons avec d’autres observateurs sont nécessaires. De plus, à côté des erreurs provenant de l'observateur, il en est qui viennent de l'enfant par ses réponses, et Piaget distingue, à ce sujet, cinq types de réponses: « Le n’importequisme », la fabulation, la croyance suggérée, la croyance déclenchée et la croyance spontanée ». Ainsi donc c’est l'interprétation qui fait toute la valeur de la méthode et il y a intérêt à combiner psychotechnique et méthode clinique.

Là ne s'arrête pas cependant l'examen psychologique de enfant. Tout l'examen précédemment décrit à feu pendant que l'enfant se trouve dans la période d'Accueil alors qu’il est isolé, en relation seulement avec des observateurs. Mais il faut par la suite étudier le mineur dans un milieu social, une équipe, au cours de ses différentes activités: travail, jeu, repos. L'éducateur notera alors les faits essentiels d: son observation dans le dossier propre à chaque enfant. Mais pendant tout ce temps de l'observation il doit se garder de moraliser, et chercher plutôt à se faire une idée aussi conforme que possible à la réalité du caractère, sans provoquer des réactions qui pourraient nuire à la réalité du sujet. Dans une deuxième période d'observation, l'observateur pourra, mais alors seulements, essayer d'obtenir des réactions provoquées, les premières ayant été spontanées.

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