‹ La délinquance juvénileChapitre 18 sur 32 · CONCLUSIONS PEDAGOGIQUES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS PEDAGOGIQUES

les méthodes.

Tous ces examens, tous ces tests, tout ce temps passé en observation de l'enfant n'auraient aucune utilité s'Üs n'étaient dirigés en fin de compte vers un seul but: la réadaptation à la vie sociale. L'observateur n’a cherché qu'a reconnaître et isoler les facteurs qui ont conduit à la délinquance; celle-ci n’est que rarement, en effet, le résultat d’un facteur unique: à des causes morales s'associent souvent des troubles de caractère. L'éducateur les connaissant pourra alors agir sur chacun d'eux. Ces méthodes de la rééducation ne seront donc pas uniques, et seule, la connaissance de plus en plus approfondie du délinquant permettre à l’éducateur de trouver, a côté des grandes règles de rééducation applicables à tous, des méthodes “’alliant plus particulièrement à la personnalité de chacun.

Ces résultats de l’observation sont transmis au juge et à l'éducateur pour qu’à la lueur de ces renseignements les mineurs « soient jugés non selon le code, mais selon leur personne, non selon ce qu'ils auraient dû faire ou éviter, mais selon ce qu'ils pouvaient faire ou ne pas faire » comme le dit si bien M. Guy Sinoir. À partir de là, quelles vont être les mesures éducatives prises?

Tout d’abord, le plus simple, mais aussi le plus souhaitable, le placement familial si le milieu n'est pas trop déficient. Le Service social y fera de fréquentes visites cherchant à diriger une éducation jusque là inexistante ou inefficace.

Si la carence familiale est manifeste, l'enfant peut etre confié à une famille bénévole autre que sa famille d'origine, où à internat. Mais de toutes façons, à partir de ce moment il ne doit pas être remis à sa famille avant que l'on ait terminé sa rééducation. Il recevra les visites du Délégué à la Liberté surveillée qui renseignera le Juge si celui-ci ne peut se dériacer lui-même, ce qui est bien préférable, sur les progrès que subit la rééducation de l'enfant. Depuis le moment où un Juge des Enfants prend un mineur en charge, il doit en suivre les différentes étapes du relèvement partout, que ce soit dans les familles ou dans les Institutions publiques ou privées, et cela Jusqu'à sa majorité.

Le placement familial avec vie à la campagne comme cela se fait dans le Patronage de l'Enfance créé par Henri Rollet, est indiqué pour les enfants qui ne sont ni trop instables ni

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pervers, mais seulement mal éduqués. Les Etats-Unis l’appliquent actuellement souvent.

Mais la plus grande partie des mineurs délinquants instables et petits pervers doit être placée en Internat privé ou public. Quelles y sont les nouvelles méthodes? En 1937 au Congrès International de Psychiâtrie infantile on émit des doutes sur les possibilités d’une rééducation, Cette même année, à £aint-Maurice, on introduisit les méthodes scoutes mais sans succès; on en eut au contraire bien davantage avec le travail professionnel. Celui-ci fut institué dans tous les établissements d'Etat avec pleine réussite, même à Aniane où les délinquants les plus difficiles s'intéressent beaucoup au Certificat d'aptitude professionelle. La plupart des maisons privées laïques ou religieuses donnent aussi à leurs pupilles une formation professionnelle.

A côté de ce système de rééducation par le travail, on a organisé les loisirs, substitué la vie séparée en petits groupes, à une vie communautaire grégaire, instaîlé le scoutisme.

Cependant la question de la rééducation est complexe et se heurte parfois à des obstacles. On peut se trouver en présence de pervers « inéducables » reconnus comme tels après de multiples essais infructueux dans les Internats ordinaires. 11 faut se défier de ces sujets qui risquent d’avoir une action néfaste au milieu d'enfants plus difficiles à rééduquer. Qu'en faire alors? Les mettre en prison? Nous avons dit le mal que nous en pensons même pour ces pervers qui sont des anormaux mais malgré tout des êtres humains! L’asile d’aliénés? I1 est encore plus néfaste de par le brevet d’irresponsabilité qu’il confère. Reste la création d’un ou deux établissements de Défense sociale analogues à ceux qui ont été construits en Belgique, celui de Hol-Centre par exemple, où le régime disciplinaire est plus accentué et où l’on donne un enseignement scolaire et professionnel. Si par hasard sont esprit s’éveille à la rééducation, on transférera l'enfant dans un autre des Centres normaux. |

Nous terminerons en disant que l'éducation en Internat est vaine si par la suite, après la mise en liberté provisoire, « Vaftercare » comme disent les anglo-asxons, n’est pas surveillé. Le garçon se retrouve après sa libération dans une société où les mêmes mauvaises conditions qu'avant son internement se présentent à lui. Cet abandon de la part de l’auto- 1ité judiciaire est la cause majeure des récidives: 90 ‘ des

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