FRUCTIDOR
SIC BKMS. — Du 19 juillet au li août. \
XU« MOIS
. — Du 18 août au «1 septembre.
Epautre.
Prune.
Bouillon-blanc.
Millet.
Melon.
Lycopode.
Ivraie.
Escourgeon.
Bélier.
Barbeau.
Prèle.
Tubéreuse.
Armoi.sc.
Sucrion.
Carthame.
Apocyn.
Mûre.
Réglisse.
Arrosoir.
Echelle.
Pbbîs.
Pasièque.
Salicot.
Fenouil.
Abricot.
Epine-vinette.
Basilic.
Noix.
Brebis.
Gougeon.
Guimauve.
Grange.
Lin.
Cardière.
Amande.
Nerprun.
Gentiane.
Sagette.
Ecluse.
Hotte.
Carline.
Eglantier.
Câprier.
Noisette.
Lentilles.
Houblon.
Auloëe.
Sorgho.
Agneau,
Ecrevisse.
Mynhe.
Bigarade.
Colza.
Verge d'or.
Lupin.
Maïs.
Coton.
Marron.'
MOUUR.
Corbeille
Les QUATRE Saisons :
Automne : du i'^ vendémiaire au 30 frimaire ; Hiver : du !*■' nivôse au 30 ventôse ; Printemps : du 1^' germinal au 30 prairial ; Eté : du l^** messidor au 30 fructidor.
Parmi les noms de plantes et de productions de la nature que renferme le calendrier républicain, il s'en trouve dont la signification n'est (jfuère connue que des naturalistes. C'est de qaoi se préoccupa un professeur de zoologie à la société d'Histoire naturelle et au Lycée des arts, le savant Millin, mort en 1818, membre de l'Institut et de la Légion d'honneur, conservateur des médailles de la Bibliothèque royale, et que ses contemporains, dans les notices nécrologiques qu'ils lui consacrèrent, appellent Auguste- Aubin Millin DE Grand-Maison. Lorsque Millin publia, en Tan II de la République, l'ouvrage dans lequel il se proposait de populariser, de commenter et de compléter le calendrier, il substitua à ses prénoms d'Auguste Aubin le nom à^Eleuthérophile, et, bien entendu, eut garde de se targuer de Grand-Maison, Voici le titre de son ouvrage : Annuaire du Républicain ou Légende physico-économique, avec C explication des trois cent soixante-douze noms imposés aux mois et aux jours : ouvrage dont la lecture journalière peut donner aux jeunes citoyens et rappeler aux hommes faits les connaissances les plus nécessaires à la vie commune, et les plus applicables à téconomie domestique et rurale, aux arts et au bonheur de t humanité, par Éleuthéro- PHiLE Millin. — Dans ce temps de mascarades politiques, de 1793 à 1818, les contemporains n'avaient ni le pouvoir ni le droit de s'étonner de rien. Éleuthérophile hier, Grand-Maison demain; n'était-ce pas leur histoire à tous?...
Lundi 23 septembre, 2 vendémiaire. — Dans la séance du 23 septembre, un malheureux député fut encore sacrifié : celui-ci était un commerçant nommé Perrin. Il avait fourni des toiles de colon à la République; Gharlier prétendit que les toiles étaient trop chères, et trouva Perrin d'autant plus coupable qu'il était membre de la commission des marchés : Gharlier dénonça donc sou collègue comme accapareur.
Biliaad-Varennes exigea que Perrin descendit à la barre; il fîit interrogé comme un criminel; et, sans vouloir l'entendre, r Assemblée le décréta d'accusation, et l'envoya au Tribunal révolutionnaire '.
Mardiii septembre, 3 vendémiaire. — On avait annoncé, le 23, aux Jacobins, que le femeux Desprémesnil , ancien conseiller au parlement de Paris , avait été arrêté par ordre du commissaire conventionnel Liouchet. Ce Louchet était un malheureux préfet de pension dans un des collèges de Paris, qui , .comme tous les ecclésiastiques qui ont suivi la carrière révolutionnaire, s'était fait remarquer par son exagération et par des vexations inouïes.
Dans la séance du 24 , Boucbotte écrivit que le conseil exécutif avait donné à Jourdan le commandement de l'armée du Nord, vacant par la destitution du général Houchard; celui de l'armée des Ârdennes au général Ferrand ; celui de l'armée du Rhin, vacant par la destitution du général Landremont, au général Delmas, et enfin au général divisionnaire Moreau, le commandement provisoire de l'armée de la Moselle, vacant par la destitution du général Schawembourg.
Toutes ces destitutions excitèrent des murmures ; mais Billaud-Varennes ayant annoncé qu'elles avaient été combinées par le conseil exécutif et le Comité de salut public réunis, qu'ils en rendraient compte , ainsi que de l'arrestation d'Houcbard et d'un échec que venait d'essuyer l'armée de la Moselle, la discussion se termina de cette manière.
Dans sa séance du même jour, le conseil de la Commune aiTéta que les voitures ou les chevaux dont les harnais porteraient des emblèmes de la royauté, ou même de la féodalité, seraient confisqués.
Mercredi 25 septembre, 4 vendémiaire, — La journée
1 Perrin fut condamné le 19 octobre à douze années de fer et six heures d'exposition.. Il mourut de honte et de douleur à Toulon. Dans la suite, Tarrèt de condamnation fut annule et la mémoire de Perriu réhabilitée.
du 25 fut remarquable par une grande discussion entre le Comité de salut public et plusieurs membres de la Convention. L'armée du Nord avait été battue près de Gambray, et par cette victoire, Tennemi, de l'aveu des commissaires, avait plus que compensé sa défaite devant Dunkerque. La garnison de Mayence elle-même , sur laquelle on fondait les plus grandes espérances pour le succès de la guerre contre les rebelles de la Vendée, avait été mise en déroute à son tour, et avait perdu la plus grande partie de son artillerie ^ . Rossignol, particulièrement protégé par le Comité de salut public, avait refusé de niarcber, malgré la réquisition qui lui en avait été faite; et, par la plus étrange bizarrerie, Houchard avait été destitué pour son expédition d'Hondscboote, quoiqu'il fût resté vainqueur, et que la levée du siège de Dunkerque en eût été la suite. Pour justifier cette horrible injustice, le Comité de salut public attribuait la réussite de ce coup de main à la valeur de Jourdan , prétendant que le soldat avait été imprudemment exposé, et qu'il avait vaincu malgré le général. Le Comité fut assez vivement attaqué pour tous ces faits, et on ne fut pas éloigné de lui dire que c'était lui qui était la cause de tous les malheurs qu'on venait d'essuyer; mais lé génie, ou plutôt l'hypocrisie de Robespierre l'emporta. «Où en serions-nous? s'écriait Bazire; que deviendrait la République si Robespierre était tenu de se justifier? » Cette manœuvre fit son effet : toute l'Assemblée déclara, à l'unanimité, que le Comité de salut publio avait toute sa confiance.
Jeudi 26 septembre ^ 5 vendémiaire, — Dans les premiers jours de l'arrestation des suspects, il était permis à leurs parents et à leurs connaissances de les voir aussi souvent qu'ils le jugeaient convenable : c'était au moins un léger adoucissement à la plus inique des injustices. Les féroces révolutionnaires ne tardèrent pas à trouver mauvais que des
* Un instant après on vint annoncer que cette garnison avait réparé sa perte, repris ses canons, et qu'en outre elle en avait enlevé six a l'ennemi. (Note du DiurnaL)
hommes qu'ils dénonçaient tous les jours comme des scélérats pussent trouver une aussi innocente consolation dans leurs maux. Les Jacobins répandaient dans leur société que les prisons étaient devenues des foyers d'Opéra, et les maisons d'arrêt des repaires de conspirateurs ; qu'il fallait tenir ces suspects sous les verrous , et leur interdire toute communication extérieure. En conséquence, la Commune arrêta, le 26 septembre 1793, sur le réquisitoire de Ghaumette, qu'il ne serait plus accordé de permission pour voir les suspects détenus dans les maisons d'arrêt; que les lettres qu ils recevraient, comme celles qu'ils écriraient, seraient d'abord lues par l'administration de police.
Dans cette même séance, il fut décrété que les quatre sections du Tribunal révolutionnaire seraient sur-le-champ mises eu activité, et que la liste des jurés qui devaient les composer serait, séance tenante, soumise à la Convention; la dernière partie de ce décret ne fut pas exécutée. Cette mesure sévère fut provoquée par la lettre d'un a{;eiit du Co- «mité de salut public à Marseille , annonçant qu'à Toulon on faisait éprouver toutes sortes de persécutions aux patriotes; qu'il y avait dans cette ville un tribunal militaire composé d' An{;lais et d'Espag^nols , qui les précipitaient dans les cachots ou en remplissaient des vaisseaux pour les transporter on ne sait où. Toutes ces nouvelles étaient autant de mensonges.
Vendredi 27 septembre, 6 vendémiaire, — Le décret sur les accaparements ne tarda pas à frapper ceux-là mêmes qui y avaient donné leur assentiment. Le député Robert, l'un des plus déterminés montagnards de la Convention, avait eiT)ployé ses assignats dans l'achat de huit tonneaux de rhum, dont il espérait tirer bon parti, vu la cherté des denrées coloniales. Les commissaires aux accaparements ne furent pas plutôt instruits de cette énorme provision faite par un simple particulier, qu'ils déclarèrent Robert accapareur, se saisirent du rhum, qu'ils firent vendre au maximum de l'eau-
de-vie. En vain Robert réclama-t-il auprès de la Convention, dans sa séance du 27 ; elle eut le bon esprit de ne pas se mêler de cette affaire , dont le ridicule serait retombé sur elle. Dans Paris, on se moqua de Robert; c'était à qui irait acheter une pinte de sou rhum , moins pour la valeur de la lit|ueur en elle-même que pour dire à ses amis, en le leur faisant boire : « C'est du rhum du député Robert » , à qui des lors on donna le sobriquet de Robert-Rhum.
Dans la même séance, on annonça qu'il s'était formé à Bordeaux une municipalité provisoire, sous la protection des commissaires conventionnels Ysabeau et Baudot. Leur première délibération fut de donner des ordres pour faire airéter tous les citoyens qui avaient composé la commission dite populaire de cette ville , de faire mettre les scellés sur leui^s papiers, sur les bureaux du département, du district, et de faire des visites domiciliaires pour s'assurer des g^ens suspects et les mettre en arrestation.
Il avait été formé un corps de cavalerie, des deniers des habitants de Bordeaux, lors des événements du 31 mai. Le gouvernement s'empara de cette troupe, sans rembourser les frais de son équipement ni ceux de Tachât des chevaux, et les mit à la disposition du ministre de la guerre.
Le même jour, la Convention fixa le prix du bois en assignats, prenant pour base celui de 1790, avec un vingtième en sus. L'effet de ce décret fut de produire une telle disette de bois, que l'hiver suivant la moitié des habitants de Paris faillit périr de froid.