I. A. Voisin. Union médicale
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peut constater avant même qu'il n'y ait de tremblement de la langue ou d'inégalité pupillaire, ou même avant qu'il n'y ait d'afiFaiblissement de la mémoire ; 4° c'est un signe facile à percevoir ; en effet, il est assez persistant, tandis que les autres manifestations ne sont pas continues.
« L'exploration doit se faire au moyen d'une substance odorante commune, du poivre, par exemple ; il faut avoir soin de cacher à la vue des malades ce qu'on va leur faire sentir ; si le poivre n'est pas reconnu par l'odorat, il faut le mettre sous les yeux du sujet pour voir s'il le reconnaîtra ; s'il en est ainsi, on pourra aflSrmer que ce n'est pas la démence qui en est cause, et que c'est l'odorat qui est diminué ou aboli.
« Le plus souvent la substance odorante ne produit aucune sensation ; d'autres fois il y a une sensation, mais elle est pervertie : ainsi le malade prendra du poivre pour du tabac, pour du camphre ; d'autres fois, enfin, une fois sur dix environ, le poivre est reconnu ; souvent l'odorat est conservé d'un côté.
« Les hallucinations de l'odorat sont très rares au début de la paralysie générale, tandis qu'elles sont fréquentes dans la folie simple ou folie névropathique.
« Ces troubles de Todorat des deux côtés ou d'un seul tiennent aux altérations des nerfs olfactifs, que nous étudierons plus loin.
« Au début de la paralysie générale, les malades ont parfois de l'enchifrènement avec la sensation de corps étrangers dans les narines ou de démangeaisons ; aussi cherchent-ils avec le doigt les prétendus corps étrangers, ou à les expulser en expirant vive-
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ment et par saccades, la bouche fermée, afin de désobstruer les fosses nasales ; et pendant ces expirations saccadées ils ferment une des narines pour mieux diriger le courant d'air expulseur. Le plus souvent rien n'est expulsé, puisque la sensation est purement subjective ; cette habitude finit parfois par dégénérer en véritable tic.
« L'intégrité du goût est trop entièrement liée à celle de l'odorat pour que le sens du goût reste normal, même au début de la démence paralytique : lorsque les malades ne perçoivent pas l'odeur du poivre, il arrive qu'ils ne distinguent pas également le poivre déposé sur leur langue \
« En résumé l'odorat est presque toujours gravement compromis à la première période et reste aboli pendant la seconde période. C'est ce qui explique comment ces déments en arrivent à se frotter la figure avec des matières fécales sans en être incommodés et à demeurer des journées entières souillés par leurs excréments sans paraître s'en douter *. »
Nous citerons en outre les 3 tableaux qui résument les recherches spéciales sur les points de MM. Toulouse et Vaschide avec quelques-uns de leurs commentaires, ainsi que le tableau général de Clapa-