AUTOPSIE DE DÉMENCES (ESQUIROL
Crânes minces i5
— épais 5i
— irréguliers 29
Méninges épaissies ri
— injectées 19
3o sur
289 épileptiqui
l6o LA DEMENCE
Artères ossifiées 5
Cerveau dense i5
— ramolli 39
Cervelet dense 12
— ramolli. ..... 17
Substance grise abondante. . . 5
— décolorée i5
Substance blanche injectée. . . ig
Adhérences ventriculaires. . . 54
Lésions cardiaques 5
— pulmonaire 10
— des voies digestives. . . a 4
— des voies génitales. . . 3
Ces tableaux sont intéressants à plus d'un titre. C'est ainsi que selon les classes sociales ils montrent ce qui est toujours vrai, que la classe des travailleurs produit un plus grand nombre de démences par suite de l'âge et des privations que dans les classes riches ; les démences précoces prédominant chez ces dernières, parce que l'abus des plaisirs, les passions exagérées, les écarts de régime, détruisent l'homme riche dès la première jeunesse, le disposent à la démence et le précipitent dans une vieillesse précoce (Esquirol):
D'autre part, les statistiques générales du temps d'EsQuiROL, comparées aux relevés analogues faits de nos jours permettent de noter les proportions très différentes que l'on trouve aujourd'hui dans le nombre des internés pour démence relativement au chiffre des autres psychoses.
On en peut tirer des déductions importantes, en ce qui concerne les conditions actuelles de l'assistance des déments.
Les tableaux fondés sur les variétés cliniques et les
APERÇU GÉNÉRAL HISTORIQUE l6l
recherches nécropsiques sont curieux, mais difficilement comparables aux relevés modernes de même genre, car les classifications nosologiques ont changé et les recherches nécroscopiques ont fait des progrès considérables, puisque nous citerons, à propos de chaque catégorie de démences étudiées, des préparations microscopiques montrant les lésions sur lesquelles ces dernières se fondent, alors qu'EsQuiROL pouvait dire au chapitre : « Démence » du dictionnaire des sciences médicales de i8i4 ^ « Si Ton me demande quel est le siège de la démence, je répondrai qu'il m'est aussi inconnu que celui du délire en général ».
Pour Ferrus*, la démence est l'abolition des facultés intellectuelles morales et instinctives survenant après répoque de la puberté, au moment où chacune d'elles se posait d'une manière distincte comme type du beau et des perfectionnements ; c'est une sorte de débilité apparaissant d'une manière insensible ou avec la rapidité de la foudre, brisant plus ou moins tous les rapports qui unissent l'homme au reste de l'univers...
Pour Georget^ (p. ii8), l'affaiblissement général ou abolition démentielle des facultés intellectuelles est le résultat de l'usure de l'organe qui les produit, par suite de l'âge ou des maladies mentales ou autres ; cette démence est caractérisée par le défaut de tout principe de raisonnement, l'oubli du passé, l'indifférence sur le présent et l'avenir.