I. Ferrus. Des Aliénés^ PfkTÎB, i
a. QwtiQRT. la Folie, Pjirw, 1837.
l62 LA DÉMENCE
L'extérieur des aliénés en démence annonce de la tranquillité ; la vie végétative est la seule active chez eux, aussi presque tous dorment-ils toujours et sontils gros et gras, s'ils ne sont atteints de maladies accidentelles.
Les idées des aliénés en démence n'ont aucune suite, ne se rapportent à rien de positif ; ils parlent tour à tour des objets les plus disparates ; si on leur demande une chose, ils répondent à une autre ; leur esprit n'est plus susceptible d'exaltation ; aussi ne se mettent-ils jamais en fureur. Ils ne s'occupent point de leur sort, voient avec indifférence leurs parents et amis.
La démence sénile survient avec l'affaiblissement physique des organes de l'économie et par conséquent du cerveau ; elle peut atteindre de bonne heure les personnes qui ont détérioré leur <;onstitution. L'intelligence s'affaiblit peu à peu ; la mémoire disparaît, l'imagination est nulle, le principe du jugement perd de son énergie, et enfin le vieillard tombe, comme on le dit, en enfance.
La démence peut être la suite d'une maladie du cerveau, de l'apoplexie, d'inflammations ou de commotions de cet organe. Il n'est pas rare de rencontrer après ces affections des pertes de quelque faculté intellectuelle, de la mémoire, par exemple.
La démence termine toutes les folies qui deviennent incurables, pourvu que les malades existent encore assez de temps pour que cette transformation puisse avoir lieu, ce qui arrive presque toujours.
« La désorganisation du cerveau, qui produit cet état mental, occasionne en même temps, dans plus
APERÇU GÊtVÉRAL HISTORIQUE l63
de la moitié des cas, une autre maladie nerveuse, la paralysie musculaire, partiellement ou généralement. »
On le voit, Gborget confond la paralysie générale avec les états terminus communs à la plupart des démences y au lieu d'y voir une démence particulière ayant bien, comme résultat, l'autonomie cellulaire psychique et motrice tout comme les autres démences, mais par un mécanisme particulier ; en revanche, il reprend la description d'EsQuiROL touchant une entité morbide distincte, qu'il désigne sous le nom de démence aiguë ou stupidité (c'est ce que Chaslin à repris depuis sous le nom de confusion mentale primitive) et que, depuis lui, Régis a décrit comme phase initiale possible des démences précoces.
Avec Bayle\ en 1822, du bloc un peu confus des démences jusqu'ici décrites, s'isole un type particulier de démence à substratum organique bien défini : la démence paralytique ou déchéance psychique, liée à la méningo-encéphalite diffuse. Tout, d'abord prise pour la démence finale commune elle en est peu à peu détachée, et les travaux de Bayle en font d'emblée une entité clinique tout à fait distincte, confirmée par les travaux de ses successeurs.
Mais l'historique de la démence paralytique sera mieux à sa place au chapitre particulier de cette démence, et il nous suffit de montrer, à dater de cette époque, que les efforts se succèdent pour arracher le secret de leur anatomie pathologique aux démences