‹ La Démence PrécoceChapitre 18 sur 21 · L... L..., 18 ans · texte numérisé non relu

L... L..., 18 ans

Certificat d'internement. — Je, soussigné, certifie que ‘le nommé L.:.. L... est dans un état mental qui justifie son envoi à l'asile (Docteur Riser, chef de clinique d’observalion des maladies mentales, à l'Hospice de La Grave, Toulouse).

Certificat de vingt-quatre heures. — Est atleint de déséquilibre affectif avec réactions coléreuses ou violentes pour des motifs fuliles. Instabilité, impossibilité de fiter l’altention. Exagération de l’attention automatique s’accompagnant d’épuisement très rapide.

Certificat de quinzaine. — Même état.

Premier internement. —.: Entré le 21 avril 1922 ; sorti le 6 août 1922 (essai trois mois).

Deuxième internement. — Entré le 21 janvier 1993.

Antécédents d’après interrogatoire :

Héréditaires. — Père mort à 37, ans d'affection hépatique. Mère vivante, bien porlante.

Collatéraux. — Une sœur en bonne santé. :

Personnels. — Encéphalite léthargique soignée à la clinique infantile de M. le professeur Bézy.

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Renseignements puisés au procès-verbal d'enquête :

Déclaration de la mère (12 avril 1922). — Mon fils à eu, il y a deux ans, une grippe cérébrale. Il donne des signes non équivoques de dérangement cérébral. Il divague, n'a pas conscience de ses actes.

Déclaration des voisins. — a) Li... L... a élé assez gravement malade il y a deux ans environ. Depuis cette époque, il n'a plus sa lucidité d'esprit et se livre à toutes sortes d’excentricités. Il tient des propos obscènes pour son âge, interpelle sottement des voisines, leur relève les jupes à l’improviste et les fait parfois tomber;

b) L... L... sonne, frappe chez tous les locataires, s’installe librement chez eux, les insulte, les bouscule et cherche à les faire tomber. Il poursuit tous les chiens passant dans la rue et les brutalise. Cet -enfant ne jouit pas de la plénitude de ses facultés mentales, surtout depuis deux ans qu'il a été gravement malade ; ë

€) L... L... se livre à des excentricités. Il se comporte comme un fou, menace, insulte grossièrement les passants, crie et gesticule.

Renseignements puisés dans le bulletin médical pour admission à l'asile. — Dépression extrême depuis une grippe à forme encéphalique. Ne se livre à aucun travail et se désintéresse complètement de out. Crises d’excitation avec bris de chaises. Voies de fait sur sa mère et sa sœur. Insulte les gens dans la rue et bat les gamins.

Interrogatoire. — Où êtes vous ici?

— À Braqueville. . /

—- Depuis quand?

— C'est la seconde fois que je suis ici. Je suis entré le dimanche 21 janvier 1923. J'y étais venu une autre fois et j'y étais resté du vendredi 21 avril 1922 au dimanche 6 août 1922.

= Pourquoi vous a-l-on mis à Braqueville ?

— Parce que je faisais des bêtises.

— Quelles bêtises ?

— Oh! j'en ai fait plusieurs :

a) Un jour, dans la rue, d’un coup de parapluie, j'ai fait tomber un paquet de linge qu’une femme portait sur la tête .

b) Une autre fois, un monsieur causait dans la rue et avait un chien à côté dé lui. Je me suis mis à le caresser à plusieurs reprises, le monsieur m'avait dit de laisser son chien tranquille. Voyant que

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