‹ La Démence SénileChapitre 3 sur 37 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La démence sénile, maladie de la vieillesse des plus fréquentes, était connue dans l'antiquité, car l'expression vulgaire « tombé en enfance », en parlant du vieillard décrépi, se trouve dans les ouvrages des auteurs anciens. Ces derniers en ont décrit les symptômes ; l’un d'eux en a étudié les causes : aujourd'hui, à vingt ou vingt-cinq siècles d'intervalle, la symptomatologie et l’étiologie sont restées les mêmes.

On pourrait croire, à cause de l'ancienneté de cette affection, qu’elle a été le sujet d’une multitude d’écrits; non, c'est une des maladies sur lesquelles on ait fait le moins de recherches, le nombre de ceux, qui se sont occupés d'elle spécialement, est bien restreint. Il est permis de dire qu'à part l'anatomie pathologique, nos connaissances en cette matière sont restées au niveau de celles des anciens ; et cependant cette affection est intéressante par elle-même, mais les sujets, qu’elle atteint, ne le sont pas du tout, et c’est là sans doute la raison pour laquelle on les a délaissés, eux et leur maladie : c’est qu'il faut une douceur et une patience par trop grandes pour manier ces vieillards souvent grognons et toujours stupides ; leur niaiserie surtout vous fatigue. Nous les avons observés matin et soir pendant sept mois, épiant leurs faits et gestes ; la seule distraction qu'ils nous aient procurée, était due à l'irascibilité de leur caractère qui venait interrompre

se

la monotonie de leur conversation languissante. Aussi, que de fois, tout au début, effrayé par la lourdeur d’un travail si pénible, aurions-nous abandonné notre tâche, si nous n’avions été encouragé par les avis d'un maitre, M. le professeur agrégé Parisot, qui fut en même temps un ami.

Depuis trois ans, nous suivions, avec un vif intérêt, sa clinique à l’hospice des vieillards de Saint-Julien ; il s'appliquait surtout à l'étude des maladies du système nerveux ; en 1895, il était chargé du cours des affections mentales : nous avons puisé dans ses leçons la plupart de nos connaissances sur la pathologie cérébrale. Au cours de son enseignement clinique, il nous communiqua de curieuses observations de déments séniles ; alors, sur son conseil, nous entreprimes l'étude des troubles de la mémoire chez ces derniers et des rapports de ces troubles avec la pression artérielle et la toxicité urinaire. Mais, au cours de nos recherches, nous eûmes l’idée, en voyant qu'il n’avait pas encoie paru de travail complet sur la démence des vieillards, d'élargir le cadre de notre sujet, de rassembler tout ce qui avait paru jusqu'à ce jour sur cette maladie, et d'en faire une étude développée avec toute l'ampleur qu'elle comporte. C’est cette étude que nous présentons comme thèse de doctorat.

Un mot sur ce point, un mot d'excuse pour réclamer l'indulgence de nos juges.

La question de la démence est une grosse question, elle touche à des points très élevés de la psychologie ; un tel sujet, pour être traité convenablement, exigerait une expérience qui n est euère de notre âge. Nous écouterons avec un grand intérêt les critiques que

os

mérite notre travail; qu’on nous pardonne notre témérité, qu'on tienne compte de notre bon vouloir et de nos efforts et nous nous déclarerons satisfait ; nous avons la conscience de l'utilité scientifique de notre œuvre.

Quant à la division de notre étude, nous en indiquons ici les grandes lignes. Ce sont, suivant l’ordre :

1° Za Définition de la démence sénile.

2° L’Historique, — jusqu'ici il était trop incomplet et trop succinct, nous lui avons donné son entier développement.

3° Z’Æliologie, — nous l'avons refondue suivant nos idées personnelles.

4 Z’Anatomie palhologique, — elle est établie d’après les dernières découvertes microscopiques.

5° La S'ymplomatologie, — nous y apportons quelques faits nouveaux.

6° Zes Complications : le Délire, — on trouvera dans ce chapitre un long travail inédit.

9 Za Pathogénie, — de la démence, puis du délire. Nous attirons l’attention sur ce chapitre; on y trouvera le compte rendu de nos expériences sur la toxicité urinaire et de ses rapports avec le délire. Nous avions fait des recherches sur la pression artérielle, mais leur résultat est nul.

8& Za Marche, la Durée, le Pronostic.

9 Ze Diagnostic.

10° 7raitement.

11° Conclusions, — elles seront faites très briève-

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