‹ La démocratie autoritaire aux États-Unis: le général André JacksonChapitre 10 sur 31 · Notices historiques f t. I · texte numérisé non relu

Notices historiques f t. I

es LA DÉMOCRATIE AUTORITAIRE

parmi les plus ardents et plus brillants disciples de Jefferson et semblait destiné à occuper l'un des premiers rangs dans le parti républicain lorsque des revers imprévus le forcèrent, à l'âge de quarante ans, de recommencer sa carrière. Il se fixa, en 1803, dans la capitale de la Louisiane, que la France venait de céder aux États-Unis : il mit au service du nouvel État ses talents et sa science de juriconsulte et fut chargé de rédiger un projet de lois criminelles', de codifier l'ancienne législature civile française maintenue en vigueur, et. d'étudier un système de réforme pénitentiaire. Ses succès.au barreau et des spéculations heureuses sur les terres lui permirent en peu d'années de reconstituer sa fortune, et il ne tarda pas à acquérir une réputation et une autorité considérables. Il était à la tête du comité de défense de la Nouvelle-Orléans lorsque Jackson prit possession de son commandement et le choisit pour aide de camp.

Ce fut le 2 décembre 1814- que le nouveau général fit, à la tête de son état-major, son entrée dans la ville qu'il était chargé de dé-

fendre. Un témoin oculaire a fait de cette entrée un pittoresque tableau^ :

« Le chef de cette petite troupe de cinq • à six personnes, dit-il, était un homme de haute taille, se tenant droit et portant sur son visage l'empreinte de la décision et de l'énergie en même temps que de l'inquiétude et de la préoccupation. II paraissait fatigué et malade : ses cheveux étaient gris ; il était maigre comme un homme qui §ort d'une longue et douloureuse maladie. Mais le fier et brillant regard de son œil de faucon révélait un esprit qui dominait les infirmités de son corps ; ses vêtements étaient simples et usés jusqu'à la corde ; sa tête était couverte d'un petit chapeau; ses épaules revêtues d'un petit manteau bleu espagnol ; ses jambes emprisonnées dans de grandes bottes de dragon qui n'avaient pas été cirées depuis longtemps. »

II fut reçu par le gouverneur et par le maire Nicolas Girod et prononça une courte allocu-

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