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qu'elles ont dominé des œuvres fécondes et durables.
Jackson a possédé la puissance que donne une incomparable popularité. Il a arraché la direction de la politique aux classes et aux hommes qui l'avaient jusqu'alors exercée; il a triomphé des résistances des pouvoirs constitutionnels : il a été investi au nom du peuple d'une sorte de dictature. Mais ce pouvoir tout personnel a expiré avec lui ; il n'était pas de ceux qui laissent le soin de continuer leur œuvre à une école d'hommes d'État, lldèles à leurs traditions ou î\ un grand parti formé sous leur inspiration pour la défense d'un principe ou d'un intérêt national. Ce sont les masses elles-mêmes qui onl recueilli son héritage politique; ce sont les politiciens de bas étage dont il avait fait ses instruments qui se sont partagé les débris de son influence souveraine.
Ce qui lui a survécu et ce qui demeure attache à sa mémoire, c'est l'abaissement du niveau du gouvernement et des mœurs publiques, c'est la dépossession des classes éclai-
L£ &Ê9ÊRAL ÀJIBRâ JACKSOII 3S7
rées aa profit des foules ignorantes y embrigadées sous la conduite d'une tourbe d'aventuriers, c'est la politicjue transformée, suivant Ténergique expression de M. de Holst, en un métier mal famé, c'est cette organisation qu'il a créée de toute pièce pour l'exploitation permanente du suffrage populaire, c'est ce honteux système, qm, en âisant des emplois publics le salaire des services électoraux, ^ introduit dans l'administration et le gouvernement la corruption et le désordre «contre lequel s'élèvent vainement acqourdTioi lea hannète^ gens de tous les partis.
En dehors de cette om^re m^s^ne, mA û'(^t resté debout de ce quTl a créé ou remé. A peine sorti do pouvoir^ il ^ été tÂrWiSUi^ dp^ ruines accumulées par .^a triî^te flrtminisrr^itiiw financière. Dans Tordre politiiçiv^, il ,tv^t ci^i^ assurer le triomphe ir ré^oeafeie du p^irti /ttm^ crate, et il s'était en métvi^t î^m^*i ffaktr^, d';tffranchir ce parti de la éfîifmmùôm du ^d A>ftr il avait fermement réprimé k* p^rerniiérefi tentatives de rébellion. Le$ ré^^ttllat^ de cette poli-
lique, qu'avait paru consacrer F élection de Van Buren, n'ont pas été de longue durée. Jackson a pu voir, avant de mourir, se succéder au pouvoir ses deux irréconciliables adversaires, Webster et Calhoun : il a assisté, tour à tour, à la victoire éphémère des Whîgs et à la revanche du parti démocrate asservi aux intérêts esclavagistes : et, par une étrange ironie de la destinée, il lui a été réservé de se faire, dans la question du Texas, l'instrument inconscient de cette funeste alliance qui devait, dans un avenir prochain, livrer l'Amérique aux horreurs de la guerre civile et menacer Texistence de cette Union qu'à l'époque la plus glorieuse de sa carrière, il avait énergiquement défendue.
Voilà pourquoi le nom d'André Jackson, malgré l'éclatante popularité dont il a été entouré et l'action qu'il a exercée sur ses contemporains, ne saurait prendre place ni parmi ceux des véritables hommes d'État ni parmi ceux des grands citoyens qui ont bien mérité de leur pays. L'Histoire est une aristocrate, a dit Strauss; elle ne ratifie ni les plébiscites ni les
acclamations de la foule; elle a le dédain du succès et le respect des glorieux vaincus. N'estce pas pour cela que, selon la remarque d'un ferme et noble esprit, même aux jours où les caractères s'abaissent et où les nations s'abandonnent, elle interdit le désespoir ?