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l'accroissement illimité des êtres qui rend fatale la destrucüon des plus faibles. Or cette disproportion n'est-elle pas constante dans l’histoire des hommes aussi bien que dans celle des animaux ? On se rappelle que Malthus a formulé le
premier, au spectacle du progrès même de la civilisation,
cette loi que les subsistances ne croissent qu'en proportion arithmétique, tandis que la population croît en proportion géométrique ; et la loi de Darwin n’est que la loi de Maïthus généralisée.
Mais on sait aussi que cette loi n’est plus admise aujourd’hui que sous réserves. L'expérience a prouvé que Malthus avait prisé trop haut sinon la puissance, du moins les ten-
dances reproductrices des hommes : d’autre part et surtout,
Rare
il n'avait pas assez de confiance dans leurs capacités produc-
trices. Hodgskin l’objectait il y a longtemps au pessimisme
malthusien: bien plus que l'étendue superficielle du sol,
c’est le travail et le savoir qui produisent les aliments. Tout
homme qui vient au monde n’est pas seulement un consommateur, mais un producteur de plus. Et toute population dense voit pulluler les découvertes ingénieuses, qui décuplent l’intensité de la production. En un mot c’est 1à où les hommes sont nombreux et pressés que se multiplient ces moyens d'action de toutes sortes, qui forcent la nature à un rendement supérieur ‘.
C'est pourquoi 1l est loisible à la civilisation de ne pas
abandonner les hommes dénués aux coups des forces destructrices, et de prèter, au plus grand nombre possible, le plus possible de moyens de défense. L’accroissement de la pro-
duction lui permet d'économiser sur la race humaine les
dilapidations de vie dont la nature est coutumière. — Maisen
même temps la civilisation semble renoncer à l’une des méthodes d'amélioration dont la nature usait : en cessant