V. Roustan, art. cité, pe
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ceux qui appuient, sur une croyance à la transmissibilité des qualités professionnelles, leur apologie- du régime des castes ? pr
Bien loin de là. Malgré les flux et les reflux de l'opinion des savants, nous avons gagné du terrain. Si la thèse lamarckienne est loin d’être condamnée à jamais, comme l'avait cru Weismann, du moins sort-elle du débat singulièrement diminuée. L'hérédité des qualités acquises passait jadis pour la règle : force est de reconnaïtre aujourd’hui son caractère exceptionnel. Weismann défiait qu'on lui citât un seul cas où une modification acquise eût été sûrement transmise ; nous avons vu qu'on en peut citer. Mais il faut noter que ce sont des cas spéciaux. Ge n’est que lorsqu'elles ont entrainé des troubles graves et profonds, altérant l’état général, intéressant tout lPorganisme de l'individu, qu’on a vu les muti-
lations ou déformations agir sur sa descendance. De Là à
soutenir que rien de ce qui est conquis par l'individu n’est perdu pour sa race, 1} yaloin. Pour qu’une modification indi-
viduelle s’incorpore à une race, nous nous rendons compte maintenant qu'il faut que cette modification ait été intime, essentielle et comme constitutionnelle ; qu’elle ait influé directement ou indirectement jusque sur l’état des cellules reproductrices. Seules les habitudes dont le stylet aura porté
Jusqu'au noyau de l'être seront enregistrées par l’hérédité.
Or les habitudes professionnelles peuvent-elles être de celleslà ? Les transformations que l'exercice de tel métier impose à tel organe seront-elles assez profondes pour qu’on voie reparaïître chez le fils, non seulement l’état général, mais l’habileté technique du père ? Est-il permis d’'escompter en pareille matière, les « additions croissantes » etles « accélérations continues » dont parlait M. de Lur Saluces ?
Hypothèses invraisemblables, d’après tout ce que nous pouvons savoir des tendances de la nature.
Ne semble-t-elle pas travailler précisément à empêcher
l'addition croissante des qualités spéciales, et Paccélération continue du progrès dans un sens déterminé? Les études de Galton’ sur les variations de la taille ou de la couleur des yeux À travers une suite de générations en ont fourni la preuve. Pas plus au physique qu’au moral il ne se forme de races de géants ou de races de nains. Pour ce qui est des yeux, les couleurs moyennes l’emportent bientôt sur les couleurs extrêmes. C’est que « le centre filial n’est pas situé au même point que le centre parental ; il revient vers la moyenne, il régresse vers le centre racial »°, La nature en un mot ne tolère pas la perpétuité des excentricités ; à chaque transmission de la vie, le poids des caractères généraux de l’espèce se fait sentir et ramène vers le niveau commun les caractères spéciaux que l'organisme individuel avait pu acquérir : ainsi la vague à chaque marée nivelle les tours de sable élevées sur le rivage. Qu'il soit ou non clairement expliqué par « l’amphimixie » — par la dualité des procréateurs dont les qualités en se mélant se neutralisent — le fait paraît établi, et il suffit À ruiner les espérances des apologistes de la caste : quand bien même certaines familles posséderaient depuis des siècles le monopole de telle ou telle profession, la nature se refuserait à une véritable spécialisation des races.
Un autre phénomène explique d’ailleurs que les habitudes acquises par l'exercice d’une profession soient difficdement transmissibles : c’est l'instabilité essentielle des qualités complexes. « La simplicité des faits psychiques, dit M. Durkheim *, donne la mesure de leur transmissibiité. Plus ilssont complexes, et plus ils se décomposent facilement, parce que leur plus grande complexité les maintient dans un état d’équilibre instable. » Les coordinations très compliquées d’apti-