‹ La démocratie devant la science; études critiques sur l'hérédité, la concurrence et la différenciation. 3. éd. augm. d'une préf. sur la sociologie monarchiste 1923Chapitre 54 sur 161 · Cf. Dumont, Dépopul. et Civilis., p · texte numérisé non relu

Cf. Dumont, Dépopul. et Civilis., p

BoucLé., — Démocratie. y)

08 HÉRÉDITÉ basses classes, d'individus réellement aptes à la direction des sociétés? .

Il est donc impossible de nous prouver a priori et mathématiquement que le rendement maximum des qualités naturelles est obtenu par l’organisation sociale actuelle. Get optimisme reste indémontrable. Et l’on découvrirait au contraire bien des raisons de penser que la société n’exploite pas son jardin aussi rationnellement qu’on le dit.

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Considérons en effet les conséquences démographiques de l'institution des classes, comment elle influe sur le mouvement, sur la quantité et la qualité de la population, en quel sens elle modifie la vitalité, la mortalité, la nuptialité dans les mondes qu’elle sépare ; nous douterons légitimement que cette séparation soit toute bienfaisante.

Et d’abord, s’il s’agit de mesurer la croissance ou la décroissance de la vitalité dans les classes dirigeantes et possédantes, on aperçoit, dans l’optimisme de leurs apologistes, une sorte de contradiction. Que l’air des sommets sociaux soit en effet funeste à la santé, 1ls ont pris soin de nous le rappeler. Ils nous ont montré que les familles dominantes, d’où qu’elles viennent, ne font que passer sur la scène lumineuse. À peine ont-elles eu le temps d'échanger un sourire avec la fortune : leur rôle est bientôt fini, car leur vitalité est vite usée. « La stérilité, les psychopathies, la mort prématurée, et finalement l'extinction de la race, ne constituent pas un avenir réservé spécialement et exclusivement aux dy= nasties souveraines. Toutes les classes privilégiées, toutes les familles qui se trouvent dans des positions exclusivement élevées partagent le sort des familles régnantes, quoique à

un degré moindre et qui est toujours en rapport direct avec la grandeur de leurs privilèges et la hauteur de leur position sociale. De l’immensité humaine surgissent des individus, familles et races qui tendent À s'élever au-dessus du niveau commun ; 1ls gravissent péniblement les hauteurs abruptes, parviennent aux sommets du pouvoir, de la richesse, de l’intelligence, du talent, et une fois arrivés, sont précipités en bas et disparaissent dans les abîmes de la folie et de la dégénérescence ‘ ». À cette! dégénérescence on nous a montré que nos aristocraties citadines n'étaient pas soustraites, mais au contraire, en un sens, plus exposées que les autres. La vie qu'elles mènent dans leurs royaumes modernes, qui sont les villes, vie à la fois sédentaire et agitée, qui n’exerce pas assez le corps en exerçant trop l'esprit, n'est-elle pas essentiellement déséquilibrante ? Cette trépidation morale est plus déprimante que la trépidation matérielle. Cette suractivité mentale jointe à l’inactivité physique, qui tend jusqu’à les rompre certains ressorts de l’organisme tandis qu’elle relâche les autres, a vite fait de ruiner les constitutions les plus solides. Ainsi M. Ammon * nous apitoie sur le sort de l'élite, victime de sa fonction sociale,

Mais qu’il prenne garde de trop la plaindre. Car ses doléances témoigneraient contre l'institution même qu'il veut défendre. Si elle anéantit ainsi, fatalement, ceux qu’elle élève, comment maintiendrez-vous encore que son mécanisme est parfait? Vous vous plaignez que la part réservée aux classes possédantes soit trop belle, et qu'elles soient écrasées par le travail intellectuel qui leur incombe. C’est avouer que la division des travaux est actuellement mal comprise *. Cest reconnaître que les utopistes n'étaient pas si fous, qui demandaient une union, une alternance récréative et régénératrice

1. Jacoby, Études sur la sélection, Pa ASE 2, Loc. cit,, p. 204-208, 9. Cf, Jentsch, op. cit, p. 178-199.

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