HÉRÉDITÉ ARRETE
du: travail intellectuel: et du travail: manuel. Voici donc la pioche, la lime et le marteau ; en:s’acquittant de leur part de: travail corporel, que les classes dirigeantes se garantissent et:s’assurent contre les fâcheuses conséquences de leur suractivité mentale. Faire alterner le travail'intellectuel et: le travail manuel, n'est-ce pas, remarquaitt M. Gide’, le bon moyen d’enrayer la neurasthénie croissante de la bourgeoisie? En tout cas, et de quelque côté qu’il faille chercher les correctifs, un mécanisme qui use si rapidement les: éléments mêmes qu’il devrait le plus précieusement conserver ne saurait désormais passer pour intangible.
Si du moinsil était sûr que, par telle autre de ses conséquences — par les alliances, par exemple, qu'il prépare — ce même mécanisme travaillait à réparer spontanément: les. pertes qu’il entraîne, et à régénérer incessamment les races
qu'il use! L'institution des classes, nous a-t-on dit, limite heureusement la panmixie ; elle empêche les éléments supérieurs de s’unir à des: éléments quelconques ; elle permet aux membres de l'élite de choisir utilement entre les. femmes. Darwin avait noté cetavantage : ilise réjouissait: durprestige des pairs qui les autorise à aller chercher, même dans les basses classes, lesfemmesde belle race *. Maïs. en fait, Là où il existe, est-ce au, mieux des intérêts de la race qu’on'use, le plus souvent, de ce: droit de choisir? Les membres de la classe supérieure devraient rechercher des. alliances qui renouvellent son sang, appauvri, nous dit-on, par: l'exercice même de ses fonctions-sociales, En fait, est-ce la femme de belle race qui est par-dessus tout recherchée, ou la femme de belle dot ? N'est-il pas de notoriété qu’on se préoccupe moins, en matière: matrimoniale, de la santé, grâce à laquelle: les: fonctions sociales pourraient être en eflet plus: utilement remplies, quede
1. Dans une Conférence sur le Travail intellectuel et le Travail manuel. 2. Cilé par Ritchie, Darwinism and Foliics, p. de
la fortune, grâce à laquelle les privilèges sociaux seront plus sûrement conservés ?
Qu’une pareille préoccupation doive être par-dessus tout préjudiciable à la race, c’est ce que l'exemple même de !la pairie suflirait à prouver. Trop souvent, Galton le note !, le fils de lord n’use de son prestige que pour épouser « ‘une héritière », dont la dot lui permettra de conserver/la situa- (uon ‘qui convient à un législateur:né. Or, !les ‘héritières, filles uniques ou seules survivantes, sont sans doute moins robustes ét moins fécondes que les autres. Toujours est-il que leur descendance est moins nombreuse. Tandis que cinquante pairs, n'ayant pas épousé d’héritières ont 168 fils et 1/2 filles, Bo pairs ayant épousé des hérilières n’ont que 104 fils etro4 filles. L'alliance des hautes fonctions avec les STOS “capitaux, la fusion des dirigeants et des possédants semblerait donc, ‘bien loin de les régénérer, hâter le déclin des meilleures races.'La préoccupation, ‘et, sion peut dire, l’obsession “capitaliste n'intervient ici que pour précipiter la dégénéres- -cence des eugéniques.
L'action néfaste de cette même préoccupation nous apparaitrait encore plus clairement si mous abordions l'étude de la natalité, et non plus seulement de la nuptialité, dans les classes supérieures. À considérer le rapport établi par la for- “mule de Malthus, entre le mouvement de la population et'le manque de subsistances, on pouvait croire a priori que les classes sociales les plus dénuées seraient aussi les moins fécondes. On sait maintenant, après observation, que ce serait plutôt le contraire : c’est par en haut que la dépopulation d’une société commence. « Les professions à revenu fixe, dit M. Dumont”, sont moins fécondes que les professions à zevenu aléatoire ; les professions libérales, bien que n'étant |