‹ La démocratie devant la science; études critiques sur l'hérédité, la concurrence et la différenciation. 3. éd. augm. d'une préf. sur la sociologie monarchiste 1923Chapitre 79 sur 161 · Petrenz, op. cit., p · texte numérisé non relu

Petrenz, op. cit., p

fection d’une montre’. Quant au sectionnement de la production, il marche de pair avec le perfectionnement du commerce. Ce n’est pas seulement du producteur au consommaleur que l'intermédiaire porte les produits achevés, c’est. d'un producteur à l’autre qu’il fait circuler les matières premières ou inégalement façonnées. Les cas deviennent de plus en plus rares où le « fabricat » est conduit, par une même entreprise, de l’état primitif à l’état ultime. Les mains par lesquelles il passe avant d’être livré au public deviennent de plus en plus nombreuses. Ainsi, quelle que soit celle de ses formes techniques que nous considérons, nous pouvons dire que sur tous les points la division du travail progresse en effet dans notre civilisation.

Mais à ces transformations techniques quelles transformations juridiques correspondent? voilà ce qu'il importe de préciser.

Entre les formes techniques et les formes juridiques de la différenciation, entre les spécialisations professionnelles et les distinctions sociales, la dépendance peut s'établir de deux façons, suivant que l’on considère le métier comme déterminé par la condition, ou la condition par le métier. Un enfant naît dans une certaine classe : du fait de sa naissance, il est assujetti à une certaine espèce d’occupations. On voit ici la profession naître üe la situation juridique. Que maintenant, du fait de son occupation, l’homme soit astreint à certaines charges, ou privé de certains droits : que telle fonction lui soit interdite, que tel cercle de la vie sociale lui demeure impénétrable : c’est alors la profession qui réagit sur la situation.

Lorsque la liaison des deux termes est indissoluble, et que leur détermination réciproque ne comporte pas le moindre ‘eu, on dit que la société est soumise au régime des castes.

1. Dechesne, Spécialisation, p. 79. Prins, art. cité, p. 424.

Il accouple pour jamais le métier et la race. Le fils du forgeron ne peut être que forgeron; le fils du guerrier ne peut être que guerrier; le fils du prêtre ne peut être que prêtre. D'autre part l’homme appartient tout entier, et non seulement pour toute la vie, mais par toute sa personne, au oercle de son métier. Prêtre, guerrier ou forgeron, 1l ne peut exercer d’autres fonctions que celles auxquelles il était prédestiné. Il ne peut même contracter alliance avec les membres des autres groupes professionnels. L’individu est prisonnier jusqu’à la mort de la sphère où l’a jeté sa naissance.

Dans ces conditions, l’analogie biologique a beau jeu ; entre une société divisée en castes et un organisme différencié il y à en effet des ressemblances indéniables ”,

La cellule hépatique sécrète de la bile toute sa vie, et ne change jamais de fonction. De même, les cellules qui naissent d’elle restent au même poste; elles ne se disséminent pas dans les reins, les muscles, les centres nerveux. Lorsque le régime des castes est établi, cet idéal biologique est réalisé dans l'humanité. De père en fils, et pour la vie, les individus sont enfermés dans le métier comme les cellules dans l'organe. Et il est vrai qu'alors la division du travail entraîne dans les sociétés humaines une différenciation proprement dite, aussi profonde que celle dont les vivants donnent le modèle.

Mais est-il vrai que ces conditions se réalisent souvent dans l'histoire humaine, et surtout qu’elles se réalisent d'autant plus sûrement que la division du travail est plus parfaite? Avonsnous besoin de démontrer une fois de plus que ce régime des castes se rencontre rarement à l’état pur, et qu’en tous cas si ses grandes lignes se laissent reconnaître quelque part, ce n’est pas au terme, mais au début de notre civilisation *?

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