Syndicalisme en Italir, p. I.s
LVm LA DÉMOCRATIE ET l.E TRAVAIL
reprenant impassibles la besogne syndicale, obscure, mais féconde... etc. » Enfin, G. Sorel, de plus haut encore, fondant la « morale des producteurs » : « Le syndicalisme a la prétention de se créer une idéologie vraiment prolétarienne... ('/est une vertu qui naît, une vertu que les intellectuels de la bourgeoisie sont incapables de comprendre, une vertu qui peut sauver la civilisation ))^
S'il en est ainsi, qui s'opposerait à un système d'éducation et d'exhaussement des masses laborieuses? La (( morale des producteurs » atténuant^ par l'épanouissement lent des intelligences e, des caractères, la crise violente indéfiniment retardée ressemble, à s'y méprendre, à l'évolution démocratique. Je ne sais, par exemple, si les « militants » sont des sectateurs assez convaincus de ces prophéties inspirées pour en attendre la réalisation si longtemps !
En fait, l'esprit de classe est un esprit de caste^ c'est-à-dire de dénigrement et de suspicion. Il agira comme il a toujours agi dans l'histoire : il détruira et ne fondera rien. On ne veut plus connaître, dans la société, que les prolétaires. Et le reste des citoyens, qu'en fera-t-on ? Les supprimera-t-on, les réduira-t-on en esclavage? Ou bien, si. tout le monde est «prolétaire»,