‹ La démocratie et le travailChapitre 28 sur 46 · SonEL. Décom]i()silio7i, p · texte numérisé non relu

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produire. La méthode professionnelle, traitée avec dédain de trades-unionisme^ fut attaquée et minée, dès ses origines, par la « nouvelle école », ayant pour organ.es les Bourses du travail, la Coniedération générale du travail, etc. Par cette déviation des syndicats vers le syndicalisme^ on substitua, à la discussion des intérêts réciproques, le mythe de la grève générale et la violence à longue échéance.

Quoi qu'il en soit d'une tactique, dont il ne faut pas exagérer la portée, l'éducation de la nation et de l'opinion dans le sens professionnel ne s'en est pas moins, peu à peu, formée.

L'intervention de l'État et l'évolution naturelle du capitalisme lui-même ont accompli des progrès qui sont acquis et qui ne peuvent plus rétrograder aujourd'hui ; M. Sorel et ses disciples eux-mêmes le reconnaissent : l'éducation de Tatelier, « sans recourir aux moyens plus ou moins cocasses inventés par les utopistes » ; la solution, « par un équilibre empirique des prix, de la difficulté de l'égalité des travailleurs, tout en tenant compte des inégalités naturelles ou acquises » ; la répartition des bénéfices « par Tappâl d'un salaire plus élevé ou d'un plus grand loisir » ; ce sont là des améliorations décisives nées de la pratique ou de la coutume, mieux inspirées cent fois que la théorie et la doctrine.

Est-ce dans ces conditions et lorsque des

INTRODUCTION LVIl

résultats si considérables sont acquis par le développement naturel des choses qu'il est nécessaire de fomenter la guerre des classes, de maintenir le « mythe » grève générale, avec le sens « révolution », d'entretenir l'idée de «violence », quand il suffirait d'un peu de cordialité avec moins de souci du paradoxe littéraire, pour reconnaître, sans tant de « réflexions », les avantages de la paix ?

Les théoriciens de la grève générale déclarent qu'ils ne tendent qu'à une chose : élever la classe ouvrière, la former, l'ennoblir en lui proposant un idéal où la Révolution ne joue plus que le rôle d'une incilatrice et d'une espérance lointaine : « Cet idéal ne pourra être atteint, dit Labriola, que quand la classe ouvrière sera assez forte moralement et intellectuellement pour assumer les fonctions accomplies, jusqu'ici, par la classe bourgeoise et assez puissante pour renverser cette organisation de la force qui protège la fabrique capitaliste et qui s'appelle l'État i ». L'ancêtre Pelloulier peint aussi, en traits héroïques et un peu romantiques, cet état futur du prolétariat généralisé et idéalisé : u Purs de toute ambition, prodigues de nos forces, prêts à payer de nos personnes sur tous les chamj)S de bataille et, après avoir rossé la police, bafoué l'armée,

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