PREFACE
AS
Aucune étude d'économie sociale comparée ne peut laisser
| Péconomiste ou le sociologue indifférents. Elle fournit des
enseignements sur la réussite ou l’échec, dans une Nation étran-
gère, de réformes qu'un pays se propose de réaliser chez lui,
ainsi que les raisons de ce succès ou de cet échec. Ces raisons
ne sont pas seulement d'ordre économique ou technique; elles
ne tiennent pas exclusivement à la forme d'organisation adop- tée et à Papplication qui en est faite; elles ou aussi d'ordre. psychologique et social.
Les peuples ont chacun leur mentalité, leurs I ils réagissent de façon différente, parfois, en face d'événements semblables ou d’institutions.analogues. Constatation apparem- ment banale, à laquelle chacun souscrirait aisément mais que trop de réformateurs sociaux — hommes politiques, écrivains, dirigeants syndicalistes, etc. — s’empressent d'oublier lorsqu’ils prétendent faire adopter par leur pays des réformes qui ont déjà fait leurs preuves à l'étranger, ou repousser celles qui ont abouti, ailleurs, à un échec.
Ne jamais étudier une institution, une réforme sociale, une politique concrète, pour elle-même, isolément, indépendamment des autres institutions et de la politique générale, replacer
celles-ci dans leur milieu, juridique, économique, politique, psychologique et sociologique, telle est la nécessité impérieuse qui s'impose au chercheur désireux de faire œuvre utile. C’est cette constante préoccupation qui a guidé M. Léger
dans son étude de la démocratie industrielle en Suède. Bénéficiaire d’une bourse du Gouvernement suédois, il a pu, au cours des dix mois qu’il a passés dans ce pays, non seulement parfaire sa connaissance de la langue et dépouiller la documentation touffue et dispersée dans de nombreux rapports, mais