VI LA DÉMOCRATIE INDUSTRIELLE EN SUÈDE
encore procéder à une enquête personnelle auprès des milieux
universitaires, patronaux et ouvriers. Il a 7 surtout la possi-
bilité de voir et d'observer.
Et cest le résultat de ses recherches et de ses réflevions ve
qu’il nous PH aujourd hui.
Comment s se présente, en Suède, la démocratie industrielle ? Ce qui frappe, tout d’abord, dans son organisation, c’est son
extrême complexité. A côté des comités d'entreprises, qui ne groupent pas d’ailleurs tous les intérêts ouvriers de lentre- | prise, on trouve des syndicats, qui connaîssent des questions
de salaire et de convention collective, des comités de sécurité,
qui s'occupent des questions de sécurité et d'hygiène, des délé-
gués professionnels, chargés de l'apprentissage, etc.
Jusqu'ici, les comités n’ont qu'un rôle minime : ce sont plus des organismes de contact que de contrôle et, à plus forte raison, daction, sans que, d’ailleurs, ceci soulève la moindre récrimination de la part des s yndicalistes ouvriers qui estiment qu’aller au delà eût été prématuré.
Ce qu’il convient également de retenir, c’est le caractère fortement syndicaliste de la démocratie industrielle suédoise, seuls, les membres de la L. O.. — c’est-à-dire la Confédération ouvrière — étant électeurs lors de la désignation des représentants aux comités.
IL est inutile, je pense, d’insister davantage sur cet aspect
technique de la démocratie industrielle en Suède. L'ouvrage de M. Léger, précis, complet, bien documenté, donne, dans une lan-
gue claire, tous les détails nécessaires, analyse les unes après .
les autres les diverses conventions collectives, — qui, en Suède,
présentent une importance exceptionnelle du fait qu’elles se substituent la plupart du temps, dans le domaine des relations industrielles, aux mesures législatives, — et fournit des pré-
cisions sur les applications de la démocratie industrielle dans i
les diverses entreprises.
Pourtant, ce: qui fait la valeur de l'ouvrage de M. Léger, ce ne sont pas tant ces précieux et intéressants détails techniques qu’il nous fournit, que son souci constant de toujours replacer ces réformes sociales dans le milieu où elles doivent