PRÉFACE
Surtum eorda.
J'écris mon dernier livre pour une cause que je ne verrai sans doute pas triompher. Le passé ne m'occupe plus; le présent ne m'intéresse guère; je suis tout entier à l'avenir. Je comprends qu'on se complaise dans les souvenirs, et qu'on s'émeuve des réalités; pour moi, je ne vis plus que d'espérances. Je quitterai peut-être ce monde avant d'avoir vu notre chère France y reprendre sa place. Je voudrais du moins ne pas mourir sans l'espoir qu'elle la reprencUra dans un avenir plus ou moins prochain. Ce livre est mon testament politique. J'y ai mis mes dernières pensées, sans y mêler d'inutiles récriminations. J'ai fait assez de polémique dans les grandes batailles livrées pour la liberté, pour la justice, pour la paix sociale et religieuse. Je laisse aux jeunes les ardeurs de la lutte. Je me recueille dans la méditation de nos futures destinées. Si l'on retrouve encore le militant du Soleil et du Figaro dans quelques lignes de cette préface, on verra qu'il a déposé l'épée de combat en ce livre, qui n'est qu'un paisible exposé des problème» à résoudre dans un véritable esprit de conservation sociale.