‹ La démocratie libéraleChapitre 22 sur 39 · PREFACE. XXV · texte numérisé non relu

PREFACE. XXV

société pacifiée. Yoilà pourquoi je n'ai plus foi en la République, et je cherche ailleurs le salut de la France. Je vois bien que notre bon peuple n*a pas toujours su garder les gouvernements dont il s'est bien trouvé, ni changer les gouvernements dont il s'est trouvé mal. N'est-ce pas une raison de plus de persister à lui signaler le danger, et à lui montrer le salut? J'ai essayé d'expliquer dans ce livre comment je comprends une restauration de la monarchie, et par quelles réformes elle pourrait refaire notre France, si la République ne suffit point à la tâche. Certains conservateurs trouveront peut-être un peu hardie ma politique conservatrice; mais nul lecteur, ami ou adversaire, ne contestera le titre de ce livre. J'entends que tout se fasse par la liberté.

Je n'ai jamais compté sur une campagne électorale, faite en compagnie d'alliés plus ou moins sûrs, pour le rétablissement de la monarchie. Je connais trop les divisions et les faiblesses de ce qu'on a nommé le grand parti conservateur. Où allions-nous, si la ligue des mécontents eût triomphé sur le nom de Boulanger? C'est la confusion qui sortirait d'une coalition conservatrice, comme c'est l'anarchie qui est sortie de la concentration républicaine. Le parti royaliste reste donc le bataillon sacré qui attendra, l'arme au bras, la reprise des hostilités. La cause de la restauration monarchique n'a rien gagné à tous les compromis négociés dans les meilleures intentions. Ils n'ont guère eu pour résultat que de faire perdre de vue au pays la grande question du salut. La monarchie de Bourbon ne peut revenir qu'au cri de vive la France! sorti des entrailles d'un peuple qui veut se sauver. Et maintenant que l'homme d État le plus impopulaire de France vienne nous dire :

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