‹ La démocratie libéraleChapitre 21 sur 39 · XXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXIV PREFACE

ménager. L'esprit de révolution fauche tout sans pitié. On Ta bien vu dans la période révolutionnaire de 93, où nos législateurs jacobins et montagnards n'ont installé sur les ruines de l'ancien régime d'autre gouvernement que la guillotine, afin d'en finir plus vite avec les choses et les hommes de la vieille France. Je ne voudrais pas voir détruire des institutions qui comptent près d'un siècle de durée sans être sûr qu'on pourra les remplacer. Il faut que tout se fasse avec mesure et justice dans la rénovation sociale qui aura pour effet de substituer l'initiative de la société au monopole de l'État, partout où elle pourra le remplacer sans préjudice pour la chose publique. C'est dire que toute grande réforme devra être précédée d'un régime transitoire qui en préparera l'accomplissement définitif. Voilà comment l'esprit de réforme se distingue de l'esprit de révolution. Notre République avait une grande et difficile tâche à faire : gouverner la démocratie, relever la France, restaurer nos finances, assurer la paix sociale et religieuse. Pour cela le temps ne lui a pas manqué, pas plus que la confiance du pays. Il y a des gens, dans le gouvernement, dans le Parlement, dans la presse, dans tout le monde de la politique, qui trouvent que tout cela a été fait, parce que le parti républicain a montré son union et sa force dans les élections, parce que le czar nous honore de son amitié, parce que tous nos emprunts sont enlevés et nos fonds publics toujours en hausse, parce que nos évêques remercient le président de la République de ses bonnes paroles, parce que notre gouvernement prépare des lois d'intérêt populaire. Pour moi, je ne vois pas en tout cela notre démocratie gouvernée, notre France relevée, nos finances restaurées, notre

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