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JUGEMENT DES « ETUDES RELIGIEUSES

Peu après, paraissait dans les Etudes, fondées par les Pères de la Compagnie de Jésus (n° du 20 juin 1913), un article de M. l'abbé Yves de la Brière sur la Politique religieuse. Le lecteur nous saura gré de reproduire tout ce qui a trait au noyau du livre.

Après avoir montré et critiqué divers aspects de la préface et l'épilogue, M. Yves de la Brière écrit :

« D'autres publications de M. Maurras, étrangères d'ailleurs à son action politique, et où l'auteur développe ses conceptions philosophiques et littéraires, appelleraient, de notre part, des critiques fort graves. Mais, sur ce terrain positif et pratique des rapports actuels de l'Eglise et de l'Etat en France, nous devons dire que M. Maurras défend toujours les mêmes droits et libertés de l'Eglise que, de leur côté, les écrivains religieux, y compris les rédacteurs des Eludes, ont défendus avec toute leur énergie, durant la même période et devant les mêmes adversaires.

« Plusieurs chapitres et un appendice traitent de la démocratie et du libéralisme catholique (p. 255-304 et 393-401). M. Maurras commente, sur ce point, avec un rare bonheur d'expression les enseignements doctrinaux de Léon XIII et de Pie X. Certaines pages de Charles Maurras ont eu l'enviable privilège d'être reproduites dans le Traité De Ecclesia, au sujet des rapports entre la puissance religieuse et la puissance séculière, par un théologien aussi exigeant et rigoureux en matière d'orthodoxie que le cardinal Billot. D'autre part, une controverse sur la part de l'élément démocratique dans le gouvernement de l'Eglise a}^ant mis le positiviste Charles Maurras aux prises avec un académicien catholique libéral, la justice nous impose de reconnaître que l'exacte interprétation de l'enseignement du Saint-Siège fut manifestement du côté de M. Maurras.

« Peu d'écrivains étrangers à notre loi religieuse auront proclamé avec autant de relief que M. Maurras la merveilleuse fécondité de l'Eglise catholique en toutes sortes de bienfaits pour la vie des peuples. Mais notre fierté de croyants s'accommode mal de voir reconnaître cette fécondité morale et sociale du catholicisme sans qu'on reconnaisse pareillement l'origine transcendante où le catholicisme trouve le secret divin de sa fécondité. Nous ne voulons pas admettre qu'un ami du dehors, tel que M. Maurras, reste toujours captif du paganisme hellénique et des préjugés positivistes. Dans les bienfaits séculaires de l'Eglise, auxquels il rend hommage avec tant de droiture, il devra discerner mieux que le signe d'une grande institution historique, il devra discerner, comme parle le Concile du Vatican : un grand el perpétuel motif de crédibilité en faveur de la religion chrétienne et un témoignage irréfragable de sa mission divine. »

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