‹ La démocratie religieuseChapitre 20 sur 128 · ARTICLE SIXIÈME · texte numérisé non relu

ARTICLE SIXIÈME

Suite du précédent. — Nos réponses à la troisième lettre de Marc Sangnier.

Il est indispensable de dater cette page : 27 juin 1905. ... A l'automne de l'année dernière 2, Sangnier nous accusait d'avoir quelque difficulté à concevoir « autre chose que ce qui est ». Nous voyions le passé. Il voyait l'avenir. Il nous plaignait donc de fonder la nécessité de la Monarchie sur la nécessité du « patriotisme territorial », de la « diplomatie » et de « l'État » : comme si « l'Etat », disait-il, la « Diplomatie », le « Patriotisme territorial » étaient des choses nécessaires ! « Postulats gratuits », répétait Marc Sangnier ! Etat, diplomatie, patriotisme : organes périmés, sentiments surannés qui, sans doute, s'accordent à postuler la Monarchie, mais qui meurent comme elle est déjà morte elle-même...

Sans préjuger du très lointain avenir qu'il nous est aussi impossible d'atteindre que de modifier, nous répondions modestement à Marc Sangnier qu'il se trompait tout au moins pour le siècle auquel il vivait et que, un temps encore, les nations auraient besoin d'un territoire où se maintenir, d'une patrie charnelle et matérielle à défendre, et que, pour présider à cette défense, il faudrait longtemps un État, — pour servir cet État, une diplomatie. Trois saisons n'ont pas encore achevé découler sur les prophéties de Marc Sangnier. Le présent d'alors s'est enfui, l'avenir d'alors est venu, et ces prophéties sont caduques, les voilà démenties par des faits qu'il est possible de voir et de toucher. Nos prévisions se sont confirmées une fois de plus en pleine discussion. Le cas observé tranche tout. Nous en sommes

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