‹ La démocratie religieuseChapitre 66 sur 128 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Réponse à la question de M. d'Haussonville

L'hostilité que les démocraties latines témoignent à l'Eglise est d'autant plus étrange que rien n'est et n'a toujours été plus démocratique que son organisation. Au temps où l'Europe, et la France en particulier, était gouvernée par la féodalité qui eut sa raison d'être, et qui était un progrès par rapport à l'état inorganique des sociétés barbares, l'Église offrait déjà le parfait modèle d'une société démocratique où la naissance ne conférait aucun droit, où le plus humble avait accès et pouvait parvenir aux plus hautes dignités, voire à la plus haute de toutes. Lorsque au régime féodal se substitua peu à peu le régime aristocratique et monarchique, aucun changement ne fut apporté à la constitution de l'Église, et si, en fait, la noblesse reçut dans la distribution des dignités ecclésiastiques une part trop large, cependant une part très large également continua d'être faite à l'élément plébéien. Qu'ils fussent issus de l'aristocratie ou du peuple, les clercs du même rang étaient égaux entre eux. Un Bossuet marchait de pair avec un La Rochefoucauld, si tous deux étaient évêques, et le primait si le La Rochefoucauld n'était qu'abbé. Souvent même je me suis demandé comment ceux qui professaient que la démocratie c'est le mal et la mort, peuvent concilier cette doctrine avec le respect qu'ils conservent pour PÉglise. Quoi qu'il en soit, l'Eglise catholique, par sa doctrine, comme par sa constitution, est essentiellement démocratique... »

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