SCÈNE X
ALPHONSE , de même.
Comment entamer l'entretien? c'est fort embairassant.
CAMILLE, de même.
Il fera comme il voucira , mais ce n'est pas moi qui commencerai la conversation.
ALPHONSE , timidement à Camille , el après un moment de silence.
Il paraît, mademoiselle, que.... que vous déjeûnez de bonne heure.
CAMILLE , de même.
Oui, monsieur.
ALPHONSE
Je m'en félicite , puisque cela me pi-ocure l'occasion...
CAMILLE
Vous êtes bien honnête.
ALPHONSE
L'occasion de causer un instant avec une persoime qu'on dit aussi aimable que spirituelle.
CAMILLE, à pari.
Il ne me manquait plus que cela; si on lui a donné de ces idées-là , je ne dirai pas un mol.
ALPHONSE, à part.
Elle se tait! il me semble cependant que mon compliment méritait une réponse; essayons encore. (Haut.) D'après ce que j'ai pu voir, mademoiselle, vous aimez beaucoup la peinture.
CAMILLE
Non, monsieur.
ALPHONSE
Du moins , la musique.
CAMILLE
Non, monsieur. ( A paît.) Est-ce qu'il voudrait me faire chanter ?
ALPHONSE
On assure cependant que vous v excellez.
CAMILLE
Non , monsieur, au contraire.
ALPHONSE, à pan.
Elle est plus franche que sa famille. (Haui.) Je vois que les soins intérieurs du ménage occupent vos in.stans , et vous vous plaisez beaucoup dans cette maison?
Oui , monsieur.
Air des Maris ont tort.
Je n'ai qu'uu seul désir; j'espère
Y rester avec mon parrain,
Mes frères, mon père et ma mère.
ALPHONSE , à part.
Pour un prétendu , c'est divin , Et grâce à ragrémeut précoce Que promet cet aven civil, Je vois qu'elle irait à la noce Comme l'on part pour un exil.
CAMILLE , à La fin de ce couplet , cherche à s'en aller ; mais au niomenl nù elle s'aperçoit qu'Alphonse la regarda, elle lui dit.
Pardon, monsieur, mais il me semble qu'on sort de table.
ALPHOiVSE.
Un mot encore, car je ne vous ai rien dit du motif qui m'amenait en ces lieux. •