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Comme nous l'avons vu, pour réaliser sa sortie, la dent de 6 ans a deux obstacles à franchir : la paroï osseuse, souvent résistante, et une paroi membraneuse, constituée par la fibro-muqueuse de la gencive, qui, tendue à la façon d'un voile, oppose une barrière tenace malgré sa mobilité.
Cette membrane au lieu de se résorber, forme au-dessus de la partie supérieure de la couronne un épais bourrelet, coiffant presque entièrement la face triturante de la dent, que dessine alors par contact son relief sur les parties molles, la retenant captive.
La calotte gingivale qui recouvre la première grosse molaire se laisse peu à peu distendre par l’action continue de sa résorplion et une usure progressive la déchire au niveau des saillies des tubercules dentaires. Au travers de ces petites fissures gingivales. constituées par des perluis imperceptibles, s'infiltrent et pénètrent de fines particules alimentaires et des détritus buccaux, qui s'accumulent, séjournent et fermentent activement, comprimés entre la face broyante de la dent'et la fibro-muqueuse distendue. Ils forment là de véritables cloaques, foyers actifs d'infection et de désorganisation. Ces matières fermentescibles, vrai poison buccal, décollent la muqueuse, l’infectent et l'ulcèrent, puis pénètrent sourdement dans l’alvéole ou bien entre la dent etla muqueuse et vont de la sorte, en
les infectant de proche en proche, gagner les parties pro-
fondes.
L'infection est dès qe complètement constituée de
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toutes pièces el avec toutes ses conséquences. Ainsi se trouve formellement établie la démonstration du rôle prépondérant ou exclusif joué par certaines associations microbiennes, hôtes habituels de la bouche, dans le processus morbide de certaines affections. Cette théorie pathogénique suffit à donner explication des accidents et des complications de l'éruption de la dent de 6 ans, en dehors des phénomènes de résistance, d’incarcération de la dent, de volume exagéré de la couronne et de compression. C’est, au fond, une des formes de la cachexie buccale de Chassaignac.
SYMPTOMATOLOGIE
Ce n'est pas sans un certain embarras que nous abordons la symptomatologie d'accidents dont la description ne se trouve nulle part. Des observations d’inégale valeur sont loin de suflire pour remplir un cadre à peine tracé.
‘ Les symptômes que nous allons décrire présentent une
, physionomie originale, parce qu'ils ne procèdent pas par périodes régulières et qu'aucun indice ne permet d'en présumer l’éclosion. Ils sont encore intéressants à cause de la difficulté du diagnostic.
Produits par une perturbation indirecte, un relentissement à distance, ils n'ont pas pour théâtre le périmètre étroit et déterminé où évolue la cause. La cause vraie, la cause unique, est dissimulée et ne peut être soupconnée que par un œil exercé et un esprit averti.
Leur éloignement et leur variété égarent l'attention loin du point de départ ou ne l’y ramènent que pour créer des confusions nouvelles.
Leur début est extrêmement insidieux et se cache derrière des phénomènes fonctionnels déroutants pour quiconque n'est pas prévenu. Or, peu de médecins savent qu'entre cinq el sept ans une dent, la plus volumineuse de la bouche, effectue son éruption. On voit quel intérêt 1l y aurait à ce que le diagnostic fût posé de bonne heure
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afin de démasquer la cause et d’y rattacher tous les troubles qui en proviennent.
La période d’invasion est brusque, avec douleurs excruciantes, constituée d'emblée au cours de la plus parfaite santé, d’allure bizarre, sans signés prémonitoires, sans physionomie spéciale. Rien de précis et de régulier, des essais partiels de crise auxquels l'ensemble ne concourt pas, aucune indication qui mette sur la voie, beaucoup de dissemblances, bref rien de moins défini. Comme on le voit, le tableau est changeant, contradictoire même.
Nous allons cependant essayer de classer les symptômes. Nous les rangerons dans l'ordre suivant:
1° Troubles prodromiques.
2° Troubles généraux.
3° Troubles locaux.
4° Troubles de voisinage.
»° Troubles sympathiques et fonctionnels.
Î. SYMPTÔMES PRODROMIQUES. — En général, tout se
borne à une diminution de l'appétit, avec sentiment de malaise, de courbature, sans que la marche journalière de l’activité soit troublée ou interrompue. Quelquefois, cependant, frissons, céphalalgie, perte d'appétit, soif vive, bouche saburrale, nausées, mouvements fébriles, mais rien autre de spécial, sauf de l'insomnie et souvent aussi de la toux, que les enfonts appellent mal à la gorge. Ils durent de deux à cinq jours, s'amendent et reprennent pour s’aggraver. :
[IT SYMPTÔMES GÉNÉRAUX. — Nous allons crayonner en
quelques notes rapides la physionomie des symptômes généraux les plus importants.
La fièvre. - Elle se présente en accès fébriles capricieux, tenaces, qui épuisent beaucoup les enfants, même avec de fréquentes rémissions
Le facies. - La figure est un peu tourmentée et quelquefois grimaçante, avec un air d’hébétude qui rappelle un peu le facies myopathique de Landouzy et de Déjerine. Rougeur de la pommette d'un'côté seulement.
La céphalalgie. — Particulièrement fréquente au début. Dès le matin, au réveil, le jeune malade se plaint de sensation de pesanteur, siégeant d’un côté seulement, au niveau du front; vers le soir, c'est plutôt une sensation pénible, un vrai mal de tête, qui est souvent pulsatile. Plus rare la nuit.
Névralgqies et douleurs. — Les douleurs se présentent sous deux formes : c'est une sorte de prurit irrégulier dans son mode d'apparition et de durée, s'exagérant sans motif appréciable, la nuit surtout; d’autres fois, ce sont de véritables crises comparables aux odontalgies et avec début brusque. Sensation de fourmillement et de picotement dans l'oreille; les régions cervicale et temporale pea modifiées par la pression.
Modifications du caractère. — On note très souvent des changements de caractère. Les enfants sont irritables ou bien perdent leur vivacité : ils sont apathiques ou som nolents et toujours irascibles. Ils ont perdu la gaîté.
Troubles vaso-moteurs. — Les téguments de la face
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