‹ La Dent de Six AnsChapitre 15 sur 26 · CARRE PR · texte numérisé non relu

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modifier à chaque instant, ilse réveille au moindre bruit, rêve de temps en temps, tousse sans motifs, il est agité, bref il est souffrant.

Il arrive aussi qu'on remarque chez lenfant un changement de caractère. Il est triste, abattu, morose. Doux et paisible d'ordinaire, il est devenu irascible, anxieux. Il est aussi quelquefois somnolent. A l’accablement suc- -cède lPagitation. Sa peau est le plus souvent fraîche. d'autres fois elle est sèche et brûlante, au moment des accès surtout. Un état fébrile intermittent empourpre son visage mais d’un côté seulement. On observe chez lui de la rougeur ou de la pàleur des pommettes. Les yeux sont saillants et quelquefois grippés: À certaines heures du jour, le facies est à peu près normal. Céphalalgie et toux irrégulières, assoupissement, insomnie, frayeurs nocturnes et réveil en sursaut. |

[IT. SYMPTOMES Locaux. — Le malade les compare à des démangeaisons, à des sensations de l'raillements, de brûlures, à des élancements. Il dit éprouver une sensation vague de pesanteur, de tension unilatérale, avec douleur sourde, profonde, provoquant un malaise continuel et quelquefois impression de froid. Le moment d'apparition de ces troubles locaux est variable, il est le plus souvent précédé de quelques jours par les accidents généraux. *

Certains enfahts souffrént d’une manière presque permanente du travail de la dentition. D'autres après ‘le repas, par suite de l’action mécanique de la mastication. D'autres enfin sont réveillés par une douleur lancinante au milieu de la nuit. Il n’est pas rare que la douleur se manifeste par accès avec état fébrile. Il arrive encore

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que ces douleurs sont plus où moins passagères où durables, ou bien qu'elles se manifestent par une poussée aiguë avec exacerbation de tous les phénomènes.

La muqueuse, siège de la fluxion, est injectée autour de la zone d'éruption, boursouflée, augmentée de volume, saignante. La coloration va du rouge vif au rouge lie de vin ; elle est souvent diffuse ou pointillée, ou disposée en plaques, d'autres fois ulcérée et recouverte d'une bouilie plâtréuse. La palpalion de la région est douloureuse, surtout à sa partie inférieure, souvent le siège d’une adénite. Il existe du gonflement œdémateux de la partie externe et inférieure de la joue, vers l'angle de la màchoire inférieure, sans changement de couleur.

En poursuivant l'examen, on trouve encore des phé- .nomènes qui présentent le plus grand intérêt: langue sale, épaisse, quelquefois rouge, constamment saburrale ; molaires de lait sensibles.

IV. SYMPTÔMES DE VOISINAGE. -- Fourmillement, engourdissement de la région, douleurs névralgiques dans le périmètre d'éruplion, ostéile, ostéo périostite du maxillaire, suppuralion, constriction permanente des mâchoires, volume anormal de la joue au niveau de Pangle de la mâchoire et en avant, douleur dans l'articulation Lemporo-maxillaire et gonflement des paupières avec tremblotement.

| Adénite, glossite, palalite, uvulile, amygdalite, olite, otalgie, dépôt de tartre sur les molaires de lait, etc.

Le point de départ des phlegmons et abcès profonds de la région temporale est tantôt local où régional, mais le plus souvent l'épine inflammatoire siège dans les orga-

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que nes du voisinage (périodontite, Iymphangite consécutive et une gingivite ou gingivo-stomatite). À

V. SYMPTÔMES SYMPATHIQUES ET FONCTIONNELS. — Douleur, congestion, élévation de la température, salivation, état saburral, odeur alliacée, fétidité de l’haleine, inflammation de l'isthme du pharynx, déglutition pénible, insomnie, amaigrissement, inappétence et dégoût des aliments, dyspnée, Loux spasmodique, crises respiratoires, Spasmes de l’isthme du gosier et même spasme œsophagien el aphonie. ;

Névralgie, convulsions, tic convulsif, soubresauts des tendons.

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Nous abordons ici un chapitre hérissé de difficultés

Quelle attention redoublée dans l'examen du petit malade pour reconnaitre le siège exact de l'affection ! Quelle linesse de diagnostic pour démêler, au milieu d'un ecomplexus symptomatique anormal et quelquefois contradictoire, la vraie caractéristique de ces accidents el savoir si leur manifestation est purement locale, accidentelle ou symptomalique et si les caractères morbides, au prime abord essentiels et isolés, ne sont [as seulement concomitants et subordonnés.

Ainsi le travail d'éruption a une durée très variable : deux à douze semaines en général, avec intermittences de . poussées successives el de repos. Il présente assez rarement et surtout au début des signes permettant d'en soupconner l'existence. EL ces alternatives d’inflammalion et d'absence de douleur sont bien faites pour égarer encore le sagacilé du praticien, car on conçoit très bien qu'une dent en imminence d’éruption s'accompagne de ces phénomènes douloureux avec retentissement sur l'économie, sans toutefois que celte influence se manifeste nettement et surtout par des signes visibles

La difficulté et les confusions de diagnostic tiennent done avant tout à l'ignorance de la cause, au manque.

apparent de relations directes entre la lésion initiale etles accidents qui en dérivent.

Le moment où on les observe, leur plus ou moins grand éloignement du début, la méconnaissance du centre de la localisation, à cause des investigations incomplètes du côté de la bouche, ajoutent encore aux difficultés.

N'est-ce pas d’ailleurs une règle absolue, mais trop souvent inobservée, en pathologie infantile, d'explorer toujours et avec soin la cavité buccale et pharyngienne, de savoir exactement l'époque et les temps de lévolution dentaire de la première et de la seconde dentition ? Et en dehors des modifications chronologiques, le nombre de dents existant où devant exister dans la bouche d’un enfant à un âge quelconque ? s |

La situation de la dent de six ans est. à cet égard, capitale à connaître. Elle occupe le sixième rang en partant de la ligne médiane et au moment de son éruption, elle est située à l'extrémité de l’arcade alvéolaire. C'est la dent de sagesse de la seconde enfance. Comme cette dernière, elle limite dans l’espace intermaxillaire postérieur, l’arcade dentaire. Elle est placée comme une borne en arrière de la série des dents de lait.

L'inspectién sommaire du visage ne suffit done pas. La palpation est indispensable et doit s'étendre aux organes de voisinage. ‘

L'exploration et l'examen de la bouche et du vestibule de la bouche et des dents sera fait complètement. On ne se contentera pas de reSarder et de comparer les deux côtés de la face et de la bouche, on explorera avec le doigt les gouttières et les culs de-sac gingivaux en haut et en bas, on notera leur degré d'intégrité et leur état d'effacement plus ou moins prononcé. Le bord alvéolaire postérieur, siège de la dent de six ans, l’état de la muqueuse,

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